Irlande: La pratique dominicale chez les catholiques de Dublin est tombée à 18%
Il faut changer radicalement la façon dont on transmet la foi, selon Mgr Diarmuid Martin
Dublin, 19 mai 2011 (Apic) La société irlandaise ne souffre pas seulement du scandale des abus sexuels commis par des membres du clergé, mais du fait d’avoir manqué la transmission de la foi chez les jeunes, estime Mgr Diarmuid Martin. Dans une interview accordée à l’agence de presse catholique américaine CNS, l’archevêque catholique de Dublin affirme que «nos paroisses ne sont pas des lieux où se réalisent l’évangélisation et la catéchèse».
Mgr Diarmuid Martin a déclaré à CNS que la pratique dominicale chez les catholiques de Dublin est tombée à 18%. Pour l’archevêque de la capitale irlandaise, «il y a un besoin de donner aux jeunes des responsabilités pour les revigorer». Mgr Martin, qui dirige l’archidiocèse depuis avril 2004, a été confronté à la mise à jour de centaines d’anciens cas d’abus sexuels et à la révélation de la conduite déviante de prêtres abuseurs. Il estime cependant que le problème auquel l’Eglise doit faire face est beaucoup plus profond que ces abus.
A quoi sert-il d’avoir la charge de 90% des écoles primaires ?
L’Eglise catholique irlandaise a la charge de près de 90% des écoles primaires en Irlande. Et si seulement 18% des catholiques vont à la messe le dimanche, a-t-il relevé, «il faut se demander quel est l’engagement des enseignants catholiques». «Si les jeunes sont préparés aux sacrements par d’autres personnes qui ne fréquentent pas les sacrements, il y a là un réel problème», a confié Mgr Martin à CNS. L’archevêque irlandais affirme que l’Eglise doit changer radicalement la façon dont elle transmet la foi.
Il a répété ce qu’il a de nombreuses fois affirmé dans le passé: «les jeunes Irlandais sont parmi les plus catéchisés et les moins évangélisés!» Mgr Martin souligne que si l’on ne fait rien face à ce problème, «nous n’aurons pas une prochaine génération de jeunes catholiques». L’archevêque de Dublin admet que l’Eglise irlandaise souffre des conséquences d’avoir eu affaire dans le passé à un catholicisme de masse et «d’une certaine façon, nous vivons encore comme si c’était toujours le cas aujourd’hui…»
Le chrétien doit se salir les mains
Mgr Martin rappelle que «l’engagement chrétien signifie salir ses mains et ses souliers», car le chrétien, dans la société, n’est pas juste un autre acteur social, mais il est le témoin d’une autre manière de vivre. Car pour lui, l’engagement chrétien ne doit pas seulement se limiter à une éruption occasionnelle de solidarité après un désastre naturel ou à un enthousiasme des plus militants lors de manifestations de protestation. «Pour le chrétien, la solidarité et le partage devraient être la substance de chaque jour, un impératif et pas seulement une option, un impératif quotidien, et pas une prise de conscience occasionnelle». (apic/cns/be)



