«Il faut entendre la voix de la raison: il faut un cessez-le-feu»

Jérusalem: Le regard de Mgr Shomali sur le conflit entre Israël et le Hamas

Jérusalem, 25 juillet 2014 (Apic) Alors que les bombardements aériens et terrestres se poursuivent, le dernier bilan diffusé par le ministère de la Santé palestinien fait état de 815 victimes et plus de 5’200 blessés à Gaza en 18 jours de combats. Quel scénario adopter pour en finir avec cette violence, qui atteint avant tout des civils?

Mgr William Shomali, vicaire patriarcal latin de Jérusalem, n’envisage rien d’autre que le cessez-le-feu, suivi du lever du siège sur Gaza et de la destruction des bases de missiles et des tunnels du Hamas. Mais il faudra régler le problème palestinien, sans quoi les mêmes causes conduiront aux mêmes violences.

Apic: Mgr Shomali, quelle est votre analyse sur la situation actuelle en Terre sainte?

Mgr William Shomali: La situation est en train de se détériorer entre le Hamas et Israël. D’une part, Israël continue à frapper fort et le Hamas continue de lancer des missiles, même sur l’aéroport, à Eilat et dans d’autres villes. Je suis convaincu que le Hamas ne va pas vaincre Israël et qu’Israël ne va pas abattre le Hamas. Il faut entendre la voix de la raison. Il faut un cessez-le-feu, il faut lever le siège sur Gaza, il faut retourner à la table des négociations. C’est l’unique voix de la raison.

Apic: Quel est l’impact de cette violence sur les chrétiens à Gaza, en Palestine et en Israël?

W.S: A Gaza les chrétiens agonisent. Plus de 40% des chrétiens sont sans travail. Et le pourcentage est encore plus élevé chez les jeunes. Il y a l’insécurité, il y a la peur. Il y a le traumatisme des enfants, des plus jeunes. Il y a toujours le désir des chrétiens de Gaza de partir le plus vite possible.

Quant à l’impact de la violence en Palestine, nous savons que les chrétiens de Bethléem et Nazareth comptent beaucoup sur le tourisme religieux. Nous commençons à sentir la diminution drastique du nombre des pèlerins. Très peu arrivent, ceux qui partent ne sont pas remplacés. Il y a très peu de visiteurs à Jérusalem et a Bethléem. Si la violence continue, encore davantage de chrétiens vont émigrer, comme ils l’ont fait pendant les précédentes guerres.

Si on ajoute ce qui se passe dans le monde arabe actuellement, en Irak et en Syrie, la situation actuelle semble très sombre et pousse au pessimisme …

Apic: Quels sont les scénarios possibles pour les jours et semaines à venir?

W.S: L’unique scénario que je puisse imaginer c’est le cessez-le-feu, suivi de deux choses simultanées: premièrement, le lever du siège sur Gaza, deuxièmement, la destruction des bases de missiles du Hamas et des tunnels. Mais par la suite il faut arriver a une solution radicale du problème palestinien autrement les mêmes causes conduiront aux mêmes résultats. Et dans ce cas, il y aurait d’autres guerres inutiles et absurdes. Je ne veux pas penser à d’autres scénarios.

Apic: Mais comment arriver à un cessez-le-feu et une paix juste et durable?

W.S: La paix va certainement venir. Nous prions pour cette paix depuis longtemps. Le pape a prié dans les jardins du Vatican. Nous étions émus par cette prière et nous sommes autant frustrés qu’elle n’ait pas porte de fruits. Du moins pour le moment. Mais à l’avenir je suis certain qu’il y aura des fruits.

Dimanche, dans toutes les églises de Terre sainte, et comme je viens de l’apprendre dans toutes les églises en France, il y aura une prière particulière pour Gaza et la Terre sainte. Le Seigneur ne peut pas rester sourd aux cris de notre détresse. Mais est-ce que cette paix va arriver dans 5 ans ou dans 10 ans? Nous ne le savons pas. Mais elle n’arrivera jamais trop tard. (apic/kna/ak/bb)

25 juillet 2014 | 18:09
par webmaster@kath.ch
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