Rome : Le Vatican répond aux critiques israéliennes

Il n’est pas permis de recourir à des positions bibliques et théologiques pour justifier les injustices

Rome, 25 octobre 2010 (Apic) Les prises de paroles des différents participants au Synode pour le Moyen-Orient ne devaient pas être considérées comme la voix de tout le Synode, a estimé lundi 25 octobre le Père Federico Lombardi. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège entendait ainsi répondre aux critiques de l’Etat hébreu qui avait indiqué, la veille, que le Synode avait été « pris en otage par une majorité anti-israélienne ».

« Si l’on souhaite avoir une expression synthétique des positions du synode, a ainsi précisé le père Lombardi dans une note communiquée à la presse, il faut actuellement s’en tenir au message qui est l’unique texte écrit commun approuvé par le Synode ces derniers jours ». Au terme des deux semaines de travaux du Synode des évêques pour le Moyen-Orient, au Vatican, les quelque 180 pères synodaux ont ainsi adressé un long « message au peuple de Dieu ».

Evoquant par ailleurs la très grande richesse et la variété des contributions des pères synodaux, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a noté que les interventions de chacun des participants ne devaient être considérées comme la voix de tout le Synode.

Propagande arabe

Le 24 octobre, l’Etat hébreu a dénoncé comme des « attaques politiques contre Israël dans la plus belle tradition de la propagande arabe » le message final du Synode pour le Moyen-Orient publié la veille et qui demandait, entre autres, qu’il soit mis fin à l’occupation des différents territoires arabes. Danny Ayalon, le vice-ministre des Affaires étrangères israélien, a affirmé que ce synode avait été « pris en otage par une majorité anti-israélienne ».

Danny Ayalon a particulièrement condamné les propos du Libanais Mgr Cyrille Salim Bustros, président de la Commission pour le message, qui avait affirmé devant la presse au Vatican, le 23 octobre, que l’on ne pouvait « se baser sur le thème de la Terre promise pour justifier le retour des juifs en Israël et l’expatriation des Palestiniens ». Le numéro deux de la diplomatie israélienne s’est dit particulièrement scandalisé par les propos de l’archevêque grec-melkite de Newton (Etats-Unis). Il a invité le Vatican à prendre ses distances avec ces propos « calomnieux à l’encontre du peuple juif et de l’Etat d’Israël ».

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, dans un communiqué, a indiqué pour sa part que les confrontations théologiques, relatives aux Saintes écritures, avaient disparu avec le Moyen Age. Il n’est pas sage de les réveiller, a ajouté Yigal Palmor.

Dans sa note, le Père Lombardi a donc pris ses distances avec les propos de Mgr Bustros et a invité à se référer au seul message final du synode. Ce dernier, pourtant, a indiqué qu’il n’était « pas permis de recourir à des positions bibliques et théologiques pour en faire un instrument pour justifier les injustices ». (apic/imedia/ami/amc)

25 octobre 2010 | 14:25
par webmaster@kath.ch
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