«Il n’y a pas de preuves évidentes» sur le résultat des élections

Côte d’Ivoire: Le cardinal Turkson espère se rendre à Abidjan à Pâques

Rome, 11 avril 2011 (Apic) Empêché de se rendre en Côte d’Ivoire par les combats en cours à Abidjan, où Benoît XVI l’avait envoyé en mission de paix, le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson espère pouvoir se rendre dans le pays lors des fêtes de Pâques.

Rencontrant une poignée de journalistes au Vatican le 11 avril 2011 quelques heures avant l’arrestation du président Gbagbo, le président du Conseil pontifical «Justice et Paix» a fait le récit de sa tentative manquée pour accéder à la Côte d’Ivoire. Il a également affirmé que le conflit en cours n’était pas interreligieux, et soulignant que le Saint-Siège n’entendait pas influencer les parties en conflit.

Le conflit en cours n’est pas interreligieux

Le cardinal Peter Turkson, que Benoît XVI avait envoyé en Côte d’Ivoire pour une mission de paix et de réconciliation, était resté bloqué à Accra, au Ghana, à cause de la fermeture de l’aéroport d’Abidjan et de l’intensification des combats. Dans l’impossibilité de participer à un convoi terrestre de la Croix-Rouge ou de profiter d’un vol des Nations Unies – pouvant être pris pour cible par combattants -, le président du Conseil pontifical «Justice et Paix» était revenu à Rome. Il espère bien se rendre bientôt à Abidjan «pour renouer les fils du dialogue». Il espère ainsi pouvoir fêter Pâques dans la capitale économique du pays.

«Si j’avais rencontré Ouattara et Gbagbo, a affirmé le cardinal Turkson quelques heures avant la chute du président sortant, je ne leur aurai pas parlé des élections, parce que celles-ci sont également contestées par les deux parties». Le haut prélat a confié qu’il souhaitait plutôt parler aux deux prétendants au poste de président de la République «de l’avenir de leur pays», sans entrer «dans un débat, sans fin, sur l’élection», car «il n’y a pas de preuves évidentes», et parce que «le Saint-Siège n’essaie pas d’avoir une influence».

«Chrétiens et musulmans sont des deux côtés»

Alors que le musulman Alassane Ouatarra et le catholique Laurent Gbagbo s’affrontaient pour le pouvoir, le cardinal Turkson a aussi souligné que le conflit n’avait pas, à ses yeux, «de caractère religieux». «Chrétiens et musulmans sont des deux côtés», a expliqué le cardinal ghanéen avant d’ajouter: «une épouse de Gbagbo est musulmane, et la femme de Ouattara est catholique». Ce conflit, a-t-il encore expliqué, n’est pas plus interethnique, car «le débat politique traverse ces frontières-là».

«Si je suis ce dossier avec attention depuis des mois, a encore expliqué le cardinal Turkson, c’est parce que l’équilibre de toute la région est en jeu». «Le Liberia et la Sierra Leone voisins ont déjà connu de grandes violences, et mon pays, le Ghana, pourrait bien en être également affecté», a indiqué le haut prélat qui, la veille, s’était déjà rendu auprès du secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti. (apic/imedia/ami/lacroix/be)

11 avril 2011 | 17:13
par webmaster@kath.ch
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