Vietnam: Lettre d’adieu de Mgr Joseph Ngô Quang Kiêt à l’archidiocèse de l’Hanoi

Il quitte la capitale du pays sans amertume

Hanoi, 17 mai 2010 (Apic) Après l’acceptation de sa démission par le Saint-Siège, l’archevêque de Hanoi, Mgr Joseph Ngô Quang Kiêt a quitté la capitale du Vietnam dans la nuit du 12 au 13 mai. Il a laissé pour le diocèse une émouvante lettre d’adieu. L’agence de presse Eglises d’Asie publie la traduction de ce texte. En voici quelques extraits.

Après avoir expliqué les raisons et les circonstances de sa démission, il dresse un bel hommage des diverses composantes de la communauté catholique de Hanoi, Il exprime en particulier son admiration pour les fidèles qui «ont eu le courage d’élever la voix pour la justice» et «ont versé leur sueur, leurs larmes, et quelques fois leur sang pour le maintien et le développement de l’Eglise».

Une lettre claire

«Chers frères et sœurs, le Saint-Siège vient d’annoncer que le Saint-Père a accepté ma demande de démission. Voici venu le moment de me séparer de vous. Il m’est difficile de vous dire au revoir, surtout que vous n’êtes pas encore prêts à accepter mon départ ! Je ne peux pas ne rien dire mais je ne peux non plus tout vous dire en une seule fois, la dernière. Je souhaite ardemment que vous compreniez qu’il n’existe pas de raisonnement capable de convaincre ceux qui sont tristes. Mais j’espère que votre grand cœur vous permettra d’accepter une chose qui maintenant ne peut plus changer.

J’ai eu le tort de vous décevoir en présentant ma démission. Mais soyez convaincus que tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour le plus grand bien de l’Eglise et, plus concrètement, de notre archidiocèse de Hanoi. En réalité, lorsque j’ai fait allusion à cette démission, les Congrégations romaines concernées ont protesté. Mais lorsque je suis allé directement la proposer au Saint-Père, celui-ci dans sa grande bonté m’a compris et il l’a accepté. Avec ma demande de démission, j’ai aussi prié le Saint-Siège de me trouver un successeur. C’est le président de la Conférence épiscopale du Vietnam, Mgr Pierre Nguyen Van Nhon, qui a été choisi. Par obéissance, il a accepté avec courage cette lourde charge dans les si délicates circonstances d’aujourd’hui. Tout s’est véritablement passé dans un esprit de service et d’amour mutuel.

«Un disciple aimé du Seigneur»

En cet instant d’émotion, le sentiment le plus fort en moi est un sentiment d’affection et de reconnaissance.

Je rends grâce au Seigneur d’avoir enveloppé ma vie de son amour débordant : Il n’y a aucun lieu, aucun moment de ma vie où je n’ai été submergé par lui. Je me considère véritablement comme « un disciple aimé du Seigneur ». Bien que je n’en sois pas digne, le Seigneur m’a aimé. Malgré mon infidélité, il ne m’a pas abandonné. A travers les embûches, les dangers de la mer, la main du Seigneur m’a conduit à bon port. Aujourd’hui, cette même main aimante me guide sur un nouveau chemin pour que je comprenne davantage et que je vive en plénitude cet amour. Éternellement, je lui rendrai grâce.

C’est un vrai bonheur pour moi que de vivre dans l’Eglise. Où que j’aille et quelle que soit ma tâche, je continue de lui appartenir. Que ce soit dans la basse région peuplée et riante, ou dans la haute région retirée, dans une ville animée ou dans une pauvre campagne, je reste toujours un membre de l’Eglise. Que je sois chargé de missions importantes ou que je n’accomplisse que des tâches ordinaires, même lorsque je suis étendu, immobile, sur un lit de malade, j’apporte ma contribution à la vie de l’Eglise. Ainsi, même petit et ordinaire, je suis toujours l’objet de soins et d’amour. (apic/eda/js)

17 mai 2010 | 16:08
par webmaster@kath.ch
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