Il regrette la destruction d’édifices chrétiens
Chypre: Benoît XVI déplore «le sang qui coule au Moyen-Orient et la ›triste division» de l’île
Nicosie, 6 juin 2010 (Apic) Au moment de quitter Chypre, le 6 juin 2010 en fin d’après-midi, Benoît XVI a adopté un ton plus décidé que lors de ses précédents discours en déplorant « les conflits et le sang qui coule » au Moyen-Orient, en regrettant aussi « la triste division de l’île ». Prenant la parole à l’aéroport de Larnaca, le pape a aussi dénoncé la destruction par les Turcs de nombreux édifices chrétiens, au nord de l’île.
Au terme de 3 jours passés dans la République de Chypre, le pape est revenu sur son « fructueux voyage », évoquant également la Méditerranée « composée d’une riche mosaïque de peuples ayant leurs propres cultures et leur beauté, leur cordialité et leur humanité ». « En même temps et en dépit de cette réalité, a déploré aussitôt Benoît XVI, l’Orient méditerranéen n’est pas épargné par les conflits et le sang qui coule, comme nous en avons été témoins tragiquement ces jours derniers ». Une référence explicite au récent raid israélien contre une flottille pro-palestinienne au large de Gaza, mais aussi, probablement, à l’assassinat du président de la Conférence épiscopale turque, Mgr Padovese, le 3 juin.
«Ayant passé les dernières nuits dans la nonciature apostolique, qui se trouve dans la zone tampon sous le contrôle des Nations unies, a aussi dit le pape, j’ai vu de mes yeux quelque chose de la triste division de l’île, et je me suis aussi rendu compte de la perte d’une partie significative d’un héritage culturel qui appartient à toute l’humanité ». Benoît XVI, qui a logé 3 jours sur la «Ligne verte» qui divise l’île, a ainsi évoqué la destruction par les Turcs de nombreux édifices chrétiens.
«J’ai également pu entendre les Chypriotes du nord qui souhaitent retourner en paix dans leurs maisons et leurs lieux de culte, et j’ai été profondément touché par leurs requêtes », a encore affirmé le pape.
Comme à Tel Aviv (Israël) le 15 mai 2009, lorsqu’il quittait la Terre sainte, Benoît XVI a ainsi parlé sans ambiguïté de la situation de division dont il a été le témoin. Il avait alors évoqué le mur qui encercle la Cisjordanie en parlant de «l’une des visions les plus tristes» de son voyage.
A Larnaca, devant le président Christofias, Benoît XVI a souligné le « rôle particulier » que peut jouer Chypre « dans la promotion du dialogue et de la coopération », invitant le pays à œuvrer « patiemment pour la paix sur (son) sol et pour la prospérité de (ses) voisins ». Le pape a alors confié au président greco-chypriote que la communauté internationale regardait avec « un grand intérêt et une grande espérance » ses gestes en faveur de la paix. Concernant la division de l’île, il a jugé que « beaucoup encore demeure à faire pour surmonter les divisions ».
Le pape a également souhaité « que les chrétiens et les musulmans deviennent un levain pour la paix et pour la réconciliation parmi les Chypriotes, et servent ainsi d’exemple pour les autres pays ». « La paix soit avec vous », a enfin lancé Benoît XVI en grec, au terme de son discours en anglais.
Après ce dernier discours dans un salon de l’aéroport de Larnaca, Benoît XVI est monté dans un avion de la compagnie nationale chypriote, Cyprus airways. Il était attendu à l’aéroport de Rome-Ciampino 3 heures plus tard environ, vers 20h45 (heure locale, GMT+2). (apic/imédia/ami/js)



