Rome : Réaction du Secrétare général du Synode sur la famille

Il y a urgence à comprendre la souffrance des personnes éloignées de l’Eglise

Rome, 22 février 2014 (Apic) Pour le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques, les réponses au questionnaire sur la famille soumis par le Vatican aux épiscopats du monde entier montrent qu’il y a urgence à prendre conscience des réalités vécues par les gens et à reprendre le dialogue avec ceux qui se sont éloignés de l’Eglise. Dans une interview à ‘L’Osservatore Romano’ le 21 février 2014, à trois jours de la réunion du secrétariat général du synode, le prélat souligne la grande souffrance qui émerge de ces réponses.

Indiquant que 80 % des réponses des conférences épiscopales et 60 % de celles des dicastères de la curie étaient parvenues au secrétariat général, de même que plus de 700 réponses individuelles et de groupes, le cardinal Baldisseri souligne le grand intérêt suscité par le questionnaire, diffusé en préparation du Synode des évêques sur la famille d’octobre prochain. La réaction spontanée à l’envoi de ce questionnaire a pu sembler une «surprise, mais au contraire, c’est la preuve de combien il est nécessaire de sortir des palais pour aller dans les périphéries», a-t-il poursuivi.

Aux yeux du cardinal, il y a urgence à prendre conscience des réalités vécus par les gens et à «reprendre le dialogue pastoral avec les personnes qui sont se éloignées pour différentes raisons internes à l’Eglise et externes, de la société». «A partir de ces réponses, on remarque beaucoup de souffrance, surtout de la part de ceux qui se sentent exclus ou abandonnés par l’Eglise, car ils se trouvent dans un état de vie qui ne correspond pas à sa doctrine ou à sa discipline», a-t-il poursuivi.

«Avec l’initiative synodale, a ajouté le secrétaire général du synode, un chemin de confiance s’est ouvert pour beaucoup de personnes qui l’avait perdue». Pour lui, la figure du pape François montre, jour après jour, une nouvelle approche humaine et chrétienne qui fait vibrer les personnes et les dispose à l’écoute et à l’accueil de ce qui est bon pour eux, même s’il y a de la souffrance.

Décalage

Le cardinal Baldisseri a indiqué qu’une première mouture de l’Instrumentum laboris du synode serait présentée lors de la réunion qui doit débuter le 24 février. Ce texte est élaboré sur la base des synthèses des réponses au questionnaire réalisés par un groupe d’experts, en étroite collaboration avec le secrétariat général. Ce document sera ensuite approfondi et discuté, puis revu d’ici deux mois, au vu notamment des dernières réponses qui doivent encore arriver. C’est au mois de mai que devrait avoir lieu la prochaine réunion du Conseil ordinaire du secrétariat, afin d’élaborer le texte final de l’Instrumentum laboris, qui servira de base de préparation au Synode sur la famille aux conférences épiscopales du monde entier.

Une dizaine de conférences épiscopales ont publié, en partie ou en totalité, les résultats du questionnaire romain sur la famille, comme les Etats-Unis, les Philippines ou encore la Suisse et l’Allemagne. Les catholiques helvètes ayant répondu se déclarent par exemple à 90 % en faveur de la communion pour les personnes divorcées remariées. En France, la conférence épiscopale a publié, le 20 février, une synthèse des réponses des fidèles, sans révéler de données statistiques.

Dans ce document les évêques français soulignent le grand bien que représente la famille pour les fidèles français, mais reconnaissent aussi un «décalage qui existe entre l’enseignement de l’Eglise et les choix des couples qui se reconnaissent catholiques». Sur la préparation au mariage, les évêques signalent la faible connaissance de ce que représente le sacrement du mariage de la part de ceux qui demandent le mariage religieux. Les catholiques de France demandent un «accueil sans jugement ni rejet de la part de l’Eglise et de ses membres» à l’égard des couples homosexuels.

Enfin, beaucoup de réponses de fidèles au questionnaire, abondent dans le sens d’un traitement inspiré de l’Eglise orthodoxe pour répondre au cas des personnes divorcées remariées. «Quand un temps de pénitence a eu lieu, explique la synthèse des évêques de France, que la stabilité de la nouvelle union paraît clairement acquise, une célébration peut la reconnaître, sans pour autant remettre en cause l’indissolubilité du mariage». (apic/imedia/mm/mp)

22 février 2014 | 09:03
par webmaster@kath.ch
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