Indépendantistes visés
Iles du cap-Vert:Agitation politico-religieuse sur fond de profanation d’eglises
Dakar, 27 juin 1997 (APIC) Les îles du Cap-Vert font face à une agitation politico-religieuse née d’une affaire de profanation d’églises. Les actes de vandalisme remontent à 1996. L’affaire a resurgi ces jours, avec en toile de fond les visées indépendantistes des militants du Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert.
De décembre à mai 1996, des actes de vandalisme ont été commis par des inconnus dans plusieurs églises des îles du Cap-Vert, petit pays lusophone situé dans l’Atlantique bordant les côtes de l’Afrique occidentale. Les vandales avaient pénétré dans les chapelles pour en saccager les objets religieux. Les auteurs de ces profanations n’ont à ce jour été ni identifiés ni arrêtés, malgré les nombreuses enquêtes de la police.
Selon le correspondant de Radio France internationale (Rfi) à Praïa, l’affaire a resurgi ces derniers jours avec des tournures politiques. Des membres du gouvernement ainsi que le directeur de la police nationale ont accusé les militants du Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (Paicv) d’être les auteurs de ces actes, à cause de la prise de position de l’Eglise catholique en faveur du parti au pouvoir, le Mouvement pour la démocratie (MDP), au moment des élections présidentielles et législatives de 1991 et de 1995-96.
Les catholiques cap-Verdiens et le Paicv entretiennent de mauvais rapports depuis que cet ex-parti unique – qui a dirigé le pays depuis son indépendance en 1975 et jusqu’en 1991 -, a fait adopter, au milieu des années 80, une loi soutenant l’avortement.
Le population Caverdienne à 90% catholique, alors que le pays compte un million d’habitants, a manifesté le mois dernier pour marquer son indignation et réclamer que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Mgr Paulina Evora, archevêque du Cap-Vert, a refusé de se prononcer en la matière, estimant qu’il appartient aux enquêteurs de la tirer au clair. (apic/ic/aa)




