Malgré l’envoi de troupes australiennes, le climat reste tendu
Iles Salomon: Les religieux offrent leur contribution pour ramener la paix
Honiara, 30 juillet 2003 (Apic) Les religieux offrent leur contribution pour ramener la paix et la réconciliation dans les Iles Salomons. Contrairement aux déclarations du gouvernement australien, qui vient d’envoyer un contingent de soldats, le conflit est loin d’être terminé. Et les gens souffrent encore et toujours en raison de la guerre civile.
Les religieux des Iles Salomon s’efforceront en effet de recréer une vie pacifique et sereine, de favoriser la réconciliation entre les parties en conflit dans l’archipel en proie à la guerre civile, de faire renaître une culture de paix et de non-violence. C’est ce qu’ils ont déclaré à l’issue du Deuxième forum des religieux des Iles Salomon qui s’est tenu récemment dans la capitale Honiara.
Près de 2’200 soldats australiens ont débarqué en vue de ramener l’ordre. Contrairement aux affirmations du gouvernement australien, on est encore bien loin de la paix. Et l’idée indépendantiste courre sans doute plus que jamais. Des groupes paramilitaires s’affrontent du reste ces jours dans un climat proche d’une véritable guerre civile.
Indépendance
Le leader du groupe des rebelles Harold Keke a déclaré publiquement qu’il vise l’indépendance, alors que dans plusieurs îles il y a un risque d’anarchie totale, même si la situation demeure calme dans la capitale Honiara. Les bandes armées s’adonnent au pillage et aux enlèvements, et ces derniers mois elles ont assassiné prés de 30 personnes dont un prêtre anglican australien. Entre-temps, la population des îles, 450’000 habitants, endure la pauvreté et le blocage de toute activité économique.
Dans cette situation, près de 55 prêtres, religieux et religieuses ont passé une journée à l’enseigne de la réflexion, du partage et de la prière, en dialoguant sur des thèmes tels que l’éducation et l’harmonie sociale, et en s’interrogeant sur la contribution qu’ils peuvent apporter et sur le témoignage que l’Église est appelée à donner: «L’éducation enseigne une discipline de vie qui est nécessaire aux Iles Salomon», ont souligné les représentants du Forum.
Durant cette rencontre, la situation sociale aux Iles Salomon a également été évoquée. Selon les religieux, avec l’arrivée du contingent de soldats australiens, on revient lentement à une situation de sécurité et déjà les gens commencent à se déplacer librement et les activités économiques reprennent péniblement leur cours normal.
Accords de paix pas respectés
Protectorat britannique jusqu’en 1978, les Iles Salomon, un archipel du Pacifique sud, situé au nord de l’Australie, n’ont toujours pas surmonté la guerre civile qui a fait rage dans les années 1998-2000: aujourd’hui encore, les affrontements entre rebelles et troupes régulières se poursuivent, malgré un accord de paix signé en octobre 2000.
Ce conflit voit s’opposer les forces spéciales gouvernementales pour faire pièce aux miliciens de Harold Keke à la tête du «Mouvement de libération Isatabu», protagoniste de la guerre civile. En deux ans, on a dénombré plus de 20’000 morts.
Après l’accord signé en 2000 avec la médiation australienne, les problèmes économiques et sociaux qui pèsent sur l’archipel n’ont pas été résolus. Dans cette crise, la question financière a joué un rôle déterminant: en effet, un fonds d’épargne, le «Fonds fiduciaire de bienfaisance des familles» avait attiré l’épargne de milliers d’habitants des Iles Salomon. Mais en mai dernier, la pyramide financière s’est écroulée, en entraînant la fermeture des deux principales banques du pays. Cette affaire a immédiatement pris une tournure politique, vu que le premier ministre Allan Kemakeza et d’autres personnalités importantes du gouvernement ont été accusés d’avoir participé à l’escroquerie.
Anarchie et tromperie
La faillite des deux banques qui a englouti l’épargne de milliers de petits commerçants a accru le mécontentement et les tensions sociales. A cela sont venues s’ajouter les dévastations du cyclone Zoé en décembre 2002, qui a encore augmenté la pauvreté et la désespérance.
Les îles ont sombré peu à peu dans un état d’anarchie généralisée, avec à l’ordre du jour des vols, des enlèvements et des assassinats, ce qui a poussé le Premier ministre Alan Kemakeza à demander au Premier ministre australien John Howard d’envoyer un contingent multinational. L’une des priorités de la force multinationale sous l’égide de l’Australie, dont l’intervention a été approuvée par le Parlement des Iles Salomon, est le rétablissement de l’ordre dans les territoires contrôlés par les rebelles de Harold Keke. (apic/fides/pr)



