Vietnam: Condamnation confirmée pour un pisciculteur catholique et ses proches

Ils avaient résisté à une expropriation violente

Haiphong, 7 août 2013 (Apic) Le tribunal de Haiphong, au nord du Vietnam, a confirmé, au terme du procès en appel le 31 juillet 2013, la condamnation du pisciculteur Doan Van Vuon à cinq ans de prison ferme. Trois autres membres de sa famille ont également vu leur peine confirmée et deux autres encore ont bénéficié d’un allégement. Cette famille de catholiques pratiquants avait résisté les armes à la main à une troupe de policiers venus les chasser de leur exploitation d’élevage de poissons et crustacés.

Les juges ont suivi les réquisitions du parquet. Les deux principaux accusés, Doan Van Vuon et Doan Van Quy, ont vu leur peine maintenue : cinq années de prison ferme, rapporte le 7 août 2013, Eglises d’Asie (EDA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP). Il en a été de même pour leurs épouses, Nguyên Thi Thuong et Pham Thi Bau qui restent condamnées à 15 et 18 mois de prison avec sursis. Par contre, les condamnations des deux autres accusés ont été allégées. La peine de prison de Doan Van Sinh a été abrégée de neuf mois, celle de Doan Van Vê de cinq mois.

Mobilisation en faveur des accusés

Les faits jugés se sont déroulés en janvier 2012 et ont grandement ému l’opinion publique vietnamienne. Le 5 janvier, dans la province de Haiphong, district de Tiên Lang, une troupe de policiers et de militaires est venue récupérer par la force le terrain de Van Vuon, qui, avec quelques uns de ses proches, a opposé une résistance armée. Des coups de feu ont été tirés lors des échauffourées. Le domicile privé de l’exploitant a été entièrement détruit par les assaillants.

L’évêque du diocèse a mené sa propre enquête sur l’exploitant. Dans une lettre rendue publique, il insistait sur la bonne renommée et les mérites de Pierre Doan Van Vuon, fidèle très apprécié dans sa paroisse.

L’affaire a immédiatement pris une ampleur peu commune dans le pays. Son principal protagoniste jouissait d’une réputation flatteuse et son entreprise avait, à plusieurs reprises, reçu des éloges officiels pour ses bons résultats. Des habitants de la région épousèrent sa cause et signèrent une pétition en sa faveur. L’ensemble de la presse, même gouvernementale, a relaté l’affaire en soulignant les violences policières et en laissant transparaître une certaine sympathie pour les victimes.

Accusations maintenues

Tout en maintenant les accusations d’homicide contre les exploitants, les instances supérieures se retournèrent d’abord contre les autorités régionales. Les trois principaux responsables de l’opération policière furent limogés. Plus encore, le Premier ministre Nguyên Tân Dung convoqua une réunion au sommet qui conclut à l’illégalité de toute l’opération et prit un certain nombre de sanctions.

Cependant, l’accusation de tentative d’homicide de la part de l’exploitant et de ses assistants fut maintenue pour le procès en première instance, en avril 2013.

À la veille du procès, une lettre commune de l’évêque de Haiphong et du président de la commission Justice et Paix du Vietnam avait demandé aux autorités la libération immédiate des accusés. Les responsables religieux y expliquaient que la famille de Doan Van Vuon s’était retrouvée en état de légitime défense.

L’affaire s’est déroulée dans un contexte général de discrimination et de répression récurrentes des catholiques du Vietnam par les autorités communistes du pays, corroborées par d’autres articles d’EDA. (apic/eda/rz)

7 août 2013 | 09:33
par webmaster@kath.ch
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