Québec: Importante œuvre d’entraide, les Chevaliers de Colomb sont sur le déclin
Ils comptent encore 100’000 membres, mais ils ne se renouvellent pas
Montréal, 28 novembre 2010 (Apic) «Les Chevaliers de Colomb sont sur le déclin au Québec», peut-on lire ces derniers jours dans la presse québécoise. L’ordre plus que centenaire – le mouvement s’est établi à Montréal en 1897 – compte encore quelque 100’000 membres au Québec, mais il s’éteint à petit feu. Les Chevaliers de Colomb (CdeC) sont un puissant mouvement fraternel de bienfaisance à forte identité catholique, en fait l’œuvre caritative qui a le plus de membres dans le monde.
Dans la dernière édition du journal interne des CdeC, le «député d’Etat» Jean Moyen, le plus haut représentant de l’organisation dans la Province, appelle ses confrères à redoubler d’effort afin d’assurer sa survie.
D’après les dernières données publiées par les CdeC, 75 % des membres des Chevaliers de Colomb au Québec sont âgés de plus de 51 ans et près du tiers approchent les 70 ans. A l’opposé, les jeunes boudent l’organisation et ses activités. De fait, les moins de 30 ans ne représentent que 4’000 des 100’000 membres. «Notre mouvement n’arrive pas facilement à recruter des jeunes et à les conserver dans ses rangs», écrit Jean-Claude Drolet, «aumônier d’Etat». «Nos membres sont vieillissants et le mouvement a un rôle peu valorisé. Il est donc urgent de s’interroger sur la vitalité et l’avenir de ce mouvement dans notre société».
«Aujourd’hui, les CdeC, ça ne dit plus grand-chose aux jeunes !»
Claude Touchette, un membre des CdeC en Outaouais depuis près de 40 ans, avoue se faire du souci. «Oui on est inquiet, lance-t-il. On ne recrute pas beaucoup. Aujourd’hui, les CdeC, ça ne dit plus grand-chose aux jeunes. Nous étions plus de 120’000 au Québec dans les années 1980. Nous avons perdu environ 5’000 membres dans les seules trois dernières années. Ce qui nous fait le plus mal ce sont les membres qui décèdent et ceux qui ne renouvellent pas leur carte de membre».
La situation n’est pas plus rose en Ontario, où l’Ordre compte 56’000 chevaliers. Les nouveaux membres n’arrivent tout simplement pas à remplacer ceux qui décèdent. «On perd en moyenne 1’000 membres par année à cause des décès», précise Alain Cayer, le représentant francophone au «conseil d’Etat» et quatrième dans la hiérarchie de l’Ordre en Ontario. «Avec le temps, les parents ont délaissé la religion et cela occasionne un grand manque d’intérêt chez les jeunes pour tout ce qui touche l’Eglise. Mais ce n’est pas vrai qu’on est sur le point de mourir, dit-il. Quand ta mission c’est de faire le bien autour de toi, tu ne meurs jamais. Nous sommes environ 1,7 million de membres dans le monde. En Californie, le nombre de membres augmente de 200 % par année».
Comme l’Ordre des CdeC est directement lié à l’Eglise catholique, les scandales de pédophilie qui secouent l’Eglise très fortement en Amérique du Nord représentent peut-être un facteur qui nuit au recrutement, soutient Sébastien Goyer, chancelier des CdeC, en charge du recrutement de membres dans son conseil. Claude Touchette ajoute toutefois que les CdeC demeurent le plus important organisme de bienfaisance au Québec. «On a récolté plus de 10 millions de dollars canadiens de dons l’an passé».
Encadré
Un Ordre fondé aux Etats-Unis en 1882
L’Ordre a été fondé aux Etats-Unis, à New-Haven, dans l’Etat du Connecticut, en 1882, par un jeune prêtre de paroisse âgé de trente deux ans, Michael J. McGivney, «afin de venir en aide à la veuve et à l’orphelin». Mais au Québec, l’avenir n’est pas radieux: «Les élites s’amenuisent, les leaders se font rares et la relève n’est plus au rendez-vous», écrit Léonce-E. Roy, «avocat d’Etat» des Chevaliers de Colomb de la Province, dans l’édition du printemps 2010 du journal «Le Colombien». Notons que les Chevaliers versent chaque année des dizaines de millions de dollars à des œuvres de charité. Dans les années 1980, ils ont subventionné la restauration de la façade de la basilique Saint-Pierre de Rome.
(apic/rvm/com/be)




