Le Caire: Un mort et plusieurs blessés lors d’affrontements entre chrétiens et la police
Ils protestaient contre l’interdiction de construire une église
Le Caire, 24 novembre 2010 (Apic) Un jeune homme de 20 ans environ a été tué et plusieurs autres blessés, lors d’affrontements entre des chrétiens coptes et la police, le 24 novembre à Talibiya, un quartier situé au sud-ouest du Caire, a rapporté l’Agence France presse (AFP), citant des services de sécurité. Quelque 150 chrétiens coptes protestaient contre l’interdiction de construire une église.
Les affrontements ont éclaté entre des centaines de policiers et quelque 150 manifestants qui protestaient contre l’interdiction de construire une église à Talibiya «Les gens du quartier se sentent discriminés. Pourquoi nous empêchent-ils de bâtir une église? Chaque rue a sa mosquée, et il y a une mosquée à côté de chaque église», a lancé l’un des manifestants, Samih Rachid, propos rapportés par l’AFP.
Ces heurts ont eu lieu alors que le gouvernement égyptien planche sur un nouveau texte régissant la construction ou la restauration des lieux de culte dans le pays. Se sentant de plus en plus discriminés, les chrétiens coptes protestent contre les dispositions légales qui s’avèrent beaucoup plus contraignantes lorsqu’il s’agit d’églises et non de mosquées. Ils craignent que ces contraintes ne se muent en interdiction, vu la lenteur à laquelle ce nouveau texte est étudié par le parlement égyptien.
Temporisation de Mgr Naguib
Le 23 mars dernier, dans une interview accordée à l’agence de presse catholique «Zenith», le patriarche d’Alexandrie Mgr Antonios Naguib avait précisé qu’aucune loi n’interdit la construction d’une église en Egypte. «Il y a des procédures à suivre, et des conditions à réaliser. Les réponses aux demandes de construction prennent beaucoup de temps. Il y a un projet de loi unifiée pour la construction des lieux de culte. Il est présenté au parlement, mais tarde à être étudié», avait-il souligné.
L’ONU a aussi reconnu cette lenteur. Elle a invité le gouvernement égyptien à y remédier, en accélérant la procédure. Le 7 juin dernier, le Conseil des droits de l’Homme avait demandé aux dirigeants égyptiens «d’éliminer toutes les dispositions législatives et politiques qui établissent une discrimination à l’égard des fidèles d’autres religions que l’islam et d’adopter une loi unifiée relative aux lieux de culte».
Le gouvernement égyptien s’est alors déclaré «résolu à faire en sorte qu’aucun citoyen ne soit l’objet d’une discrimination religieuse», conformément aux articles 2 et 40 de la Constitution. Il s’est engagé à garantir l’exercice de la liberté de religion, tel que le stipule l’article 26 de la Constitution. En outre, il a ajouté avoir entrepris diverses mesures visant «à faciliter» la construction, la réparation et la rénovation des églises. Il envisage aussi d’élaborer «le cadre le plus adapté» pour garantir ce droit. Un comité spécial a donc été créé dans ce sens. (apic/ibc/nd)



