France: Les évêques catholiques renoncent à manifester contre le mariage gay

Ils refusent de faire le jeu des intégristes

Lourdes, 7 novembre 2012 (Apic) La Conférence des évêques de France (CEF) a refusé, le 6 novembre 2012, d’appeler à manifester contre le projet du gouvernement de légaliser le mariage homosexuel. Ils ne veulent pas se laisser entraîner par les catholiques intégristes qui appellent à descendre dans la rue, rapporte le quotidien français «Le Nouvel Observateur».

«Il n’y a pas que les manifestations de rue pour réagir», a estimé le cardinal André Vingt-Trois, président de la CEF. «Nous continuons d’appeler les chrétiens et tous ceux qui partagent notre analyse et nos questions à saisir leurs élus en leur écrivant des lettres personnelles, en les rencontrant et en leur exprimant leurs convictions», a-t-il recommandé.

Les évêques de France, réunis à Lourdes pour leur assemblée plénière jusqu’au 8 novembre, assurent qu’ils «refuseront toute récupération».

Les intégristes se mobilisent

Mgr Vingt-Trois s’est refusé jusqu’à présent à appeler à descendre dans la rue, mais «sans vouloir décourager ceux qui veulent le faire». La grande majorité des évêques veulent éviter les dérapages et la récupération, notamment des jeunes, par les catholiques intégristes.

Ces derniers organisent, le dimanche 18 novembre 2012, une manifestation de protestation à Paris, à l’instigation de l’Institut Civitas, groupe proche de l’extrême droite et des Lefebvristes.

Attaque médiatique contre l’Eglise

L’Eglise catholique de France est victime d’un tombereau d’insultes sur les réseaux sociaux et d’une couverture très provocante à la une de l’hebdomadaire Charlie Hebdo.

Interrogé sur ce déferlement, André Vingt-Trois a répondu qu’il ne les regardait pas. «Il semble qu’elles ne reflètent pas ce qu’il y a de meilleur chez ceux qui les prononcent», a-t-il ajouté.

Le président de la CEF a soulevé une tempête médiatique en affirmant le 3 novembre qu’»une vision de l’être humain sans reconnaître la différence sexuelle serait une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société et instaurerait une discrimination entre les enfants». Il s’est élevé contre «la pression ostentatoire de quelques lobbies» défendant le projet de mariage homosexuel qui sera présenté le 7 novembre 2012 en Conseil des ministres. «Ce ne serait pas le ’mariage pour tous’, ce serait le mariage de quelques-uns imposé à tous», a conclu le prélat. (apic/nobs/rz)

7 novembre 2012 | 11:16
par webmaster@kath.ch
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