Ils transforment leur église en temple de Shiva
Inde: Des fondamentalistes hindous «reconvertissent» des chrétiens aborigènes Valmiki
Asroi, 29 août 2014 (Apic) Des fondamentalistes hindous ont «reconverti» 72 chrétiens aborigènes appartenant aux populations tribales Valmiki, devenus chrétiens en 1995. Ils ont transformé le 26 août leur église en temple de Shiva, à Asroi, un village situé à une trentaine de kilomètres de la ville d’Aligarh, dans l’Etat d’Uttar Pradesh, au nord de l’Inde.
Selon l’agence de presse catholique italienne AsiaNews, les extrémistes hindous ont détruit la croix qui se trouvait sur l’église d’Asroi, appartenant aux Adventistes du Septième Jour, et l’ont portée hors du périmètre de l’édifice. Ils ont ensuite installé à l’intérieur un grand poster de la déesse hindoue Shiva après avoir pratiqué un rite de purification appelé «shuddhi karan».
Dans son édition du 29 août 2014, le quotidien «The Times of India» rapporte que le pasteur Habil Gyan, au quartier général des Adventistes du Septième Jour à Mumbai (Bombay), a déclaré que les membres de la communauté d’Asroi allaient fermer l’église. L’image de Shiva a été enlevée de l’édifice après que la nouvelle de l’incident se soit répandue, menaçant de provoquer un conflit intercommunautaire.
Selon Khem Chandra, leader hindou de la zone, il ne s’agit pas d’une «reconversion», mais bien d’un «retour à la maison» de ces aborigènes. «Ces populations ont compris leur erreur et elles sont revenues et nous les avons accueillies». Le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Bombay, a déploré cet acte de violence à l’égard des Valmiki, rappelant la mission chrétienne auprès des populations marginalisées.
L’Eglise, au service des plus pauvres parmi les pauvres
Dans une déclaration à AsiaNews, l’archevêque de Bombay a exprimé sa «tristesse», soulignant que l’Eglise catholique a toujours été, depuis des centaines d’années, au service des pauvres et des marginalisés. «Notre première mission est d’assurer le développement social de ceux qui vivent à l’écart, rejetés par la société, les plus pauvres parmi les pauvres. L’Eglise comprend la réalité et les souffrances des secteurs les plus vulnérables. Nous avons été, et continuons d’être, à l’avant-garde de cette mission, en suivant les traces de Jésus».
Sajan George, président du «Conseil Global des Chrétiens Indiens» (GCIC), une organisation de laïcs siégeant à Bangalore, a déclaré pour sa part que, dans l’Etat d’Uttar Pradesh, l’impunité de ceux qui commettent des violences contre les minorités est de plus en plus flagrante. La police et l’administration sont accusées de fermer les yeux sur les violences perpétrées contre les minorités.
«La haine contre la petite communauté chrétienne se développe»
Ce qui se passe en Uttar Pradesh est une violence continuelle: «La haine contre la petite communauté chrétienne se développe, et l’intolérance et la violence atteignent désormais un niveau d’alerte. Pour le seul mois de juillet, nous avons enregistré deux attaques violentes contre des chrétiens de la part de leaders locaux de groupes fondamentalistes hindous. Et la police, au lieu de protéger les chrétiens et leurs droits, les considèrent toujours comme coupables». (apic/asian/timesofindia/be)



