Pakistan: Appel à une prise de mesures contre les extrémistes islamiques

Ils veulent tuer ceux qui désirent modifier la loi sur le blasphème

Islamabad, 15 janvier 2011 (Apic) Le réseau pakistanais «Citoyens pour la démocratie» a fait appel à la Cour Suprême du pays, afin qu’elle prenne des mesures contre les extrémistes islamiques, qui sévissent à tous les niveaux. Le réseau demande aussi à la Cour de sauvegarder l’Etat de droit et les libertés constitutionnelles de tous les citoyens, rapporte l’agence catholique Fides.

Selon Fides, le réseau «Citoyens pour la démocratie» a fait parvenir une lettre au Président de la Cour Suprême, afin qu’il intervienne par le biais d’une mesure «motu proprio» (de sa propre initiative, ce qui fait partie de ses prérogatives) pour «prévenir les violations des droits fondamentaux de la personne et garantir que la vie ou la liberté ne soit niées à aucun citoyen dans le respect de la loi», ainsi que l’affirme l’article 9 de la Constitution pakistanaise.

Le réseau rassemble un grand nombre d’associations de différentes origines et matrices religieuses, dont la Commission «Justice et Paix» des évêques pakistanais, la Commission pour les Droits de l’Homme du Pakistan et également des organisations musulmanes. L’appel parvient après les menaces et l’incitation au meurtre faite ouvertement par les leaders du réseau islamique Tehrik Tahaffuz Namoos-i-Risalat (»Alliance pour la défense de l’honneur du prophète»). Ces derniers ont fait l’éloge du tueur du gouverneur du Punjab, encourageant leurs partisans à tuer Asia Bibi et tous ceux qui voudraient modifier la loi sur le blasphème.

Complice de la diffusion de la haine religieuse

La lettre, envoyée en copie à l’Agence Fides, note que l’on ne peut impunément inciter à la haine et au meurtre, sans subir de conséquences de nature légale. C’est pourquoi, une enquête et une intervention de la Cour Suprême sont demandées. Cet organe a le devoir de protéger la légalité dans le pays. En outre, des organisations telles que l’Asian Human Right Commission exhortent le gouvernement pakistanais à prendre des mesures urgentes contre les extrémistes.

Un autre communiqué parvenu à Fides affirme: «L’immobilisme du gouvernement démontre sa faiblesse et son impuissance face à ceux qui font fi de la loi». De cette manière se trouvent légitimés «ceux qui croient disposer de la loi à leur guise et pouvoir faire justice par eux-mêmes». Si aucune mesure n’est prise rapidement face à des événements de cette gravité, «le gouvernement deviendra complice de la diffusion de l’intolérance et de la haine religieuse». (apic/fides/pa/nd)

15 janvier 2011 | 17:36
par webmaster@kath.ch
Partagez!