2’500 personnes sont mortes en cinq ans

Immigration clandestine de l’Afrique vers l’Europe: les chiffres de deux ONG

Bamako, 19 juillet 2005 (Apic) Quelque 2’500 migrants clandestins provenant de l’Afrique au sud du Sahara ont trouvé la mort depuis 2000 en tentant de passer en Europe, indiquent deux ONG du Mali et de l’Italie. Ces clandestins sont victimes de «passeurs souvent malhonnêtes».

Selon une enquête menée par ces ONG, sur dix ressortissants africains qui tentent l’aventure vers l’Europe, un ou deux seulement arrivent à destination. Ces migrants clandestins viennent de tous les pays d’Afrique subsaharienne. «Ils s’engagent bien souvent sans savoir ce qui les attend», précisent les deux ONG, à l’issue d’une enquête dont les résultats ont été communiqués à Bamako.

La ville de Gao, au nord du Mali, à cause de sa proximité avec le Maghreb, est l’un des points de passage des filières de l’immigration clandestine. Proche à la fois de l’Algérie, du Maroc et de la Mauritanie, Gao est dans une situation géographique favorable à l’immigration clandestine, précise l’enquête.

Dans cette localité, les nombreux candidats à l’immigration clandestine originaires de pays de l’Afrique de l’ouest et de l’Afrique centrale vivent regroupés à l’»invitation» des passeurs dans des maisons ou autre lieu de regroupement. Le jour de leur départ, ils embarquent dans des véhicules surchargés à destination de la ville algérienne de Tamanrasset, en traversant le désert du sahara.

Les pannes de véhicules sont fréquentes dans cet endroit chaud et sec où il est difficile de vivre. L’eau et la nourriture y sont rares. Ceux des migrants clandestins qui réussissent à arriver en Algérie, poursuivent leur aventure au Maroc d’où ils rejoignent l’Europe par la mer. Les femmes qui participent à ces odyssées sont aussi souvent victimes de viols.

Réseau au Nigeria

L’enquête des deux ONG malienne et italienne met en cause un réseau international de trafic, organisé par des ressortissants du Nigeria qui recrutent par le «bouche à oreille» et par internet. Chaque passager clandestin verse jusqu’à 3’000 euros.

L’ONG malienne «Mali-Aide» co-auteur de l’enquête, a envoyé à Gao une mission de sensibilisation du millier de ressortissants africains qui veulent se lancer dans l’aventure de l’immigration clandestine. L’ONG cherche à les décourager. Mais elle estime aussi qu’il appartient aux pays développés d’aider les Africains à avoir un travail chez eux, en Afrique. (apic/ibc/pr)

19 juillet 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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