Soudan: Un responsable d’Eglise appelle à résoudre au plus vite le conflit au Darfour

Impératif: avant le référendum sur l’autodétermination en 2011

Khartoum, 4 juillet 2010 (Apic) Le chef du Conseil des Eglises du Soudan a appelé à une résolution urgente du conflit au Darfour. Cette interpellation intervient après les enlèvements dans la région de deux travailleurs humanitaires allemands.

Le pasteur Ramadan Chan Liol, secrétaire général du Conseil, qui comprend des Eglises de traditions orthodoxe, protestante et catholique, a déclaré que son organisation dénonce la violence que connaît encore le Darfour. Il a averti qu’elle pourrait compliquer la tenue du référendum sur l’autodétermination du Sud du pays prévu pour 2011.

Les travailleurs humanitaires allemands, qui étaient employés par Technisches Hilfswerk (THW), ont été kidnappés par des hommes armés le 23 juin dans un camp de Nyala, capitale du Sud-Darfour, alors que la région connaît une recrudescence des enlèvements de travailleurs humanitaires et d’étrangers. Les ravisseurs demandent généralement une rançon ou utilisent les otages pour faire pression sur les autorités.

Le pasteur Chan s’est dit préoccupé par les récents combats qui ont été signalés dans la région, une zone d’une taille équivalente à la France. Le 23 juin, des affrontements entre l’armée soudanaise et le groupe rebelle Justice pour l’égalité ont entraîné la mort de 50 personnes, selon le Sudan Catholic Radio Network.

Deux jours avant, trois soldats rwandais de maintien de la paix de la mission conjointe Nations Unies – Union africaine ont été tués alors qu’ils gardaient une base en construction au Darfour-Occidental.

Les responsables d’Eglise soudanais espèrent que le processus de paix au Darfour sera mis en place avant le référendum. «Tous les efforts devraient être faits pour veiller à ce qu’un accord politique sur la crise au Darfour soit conclu avant le référendum de janvier 2011», a déclaré au Conseil de sécurité de l’ONU Djibril Bassolé, médiateur de l’ONU et de l’Union africaine pour le Darfour, le 14 juin.

L’ONU estime à 300’000 le nombre de personnes tuées au Darfour depuis que les rebelles ont pris les armes contre le gouvernement, en 2003. Le président soudanais Omar al-Bashir a été inculpé par la Cour pénale internationale de crimes de guerre au Darfour, accusations qu’il nie fermement. Le gouvernement du président Bashir nie également avoir armé des milices arabes dénommées djandjawids, qui chassent les communautés noires africaines de leurs foyers. (apic/eni/pr)

4 juillet 2010 | 10:59
par webmaster@kath.ch
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