Incendies, viols et enlèvements dans la Metohija
Belgrade, 9 juillet 1999 (APIC) Le métropolite serbe orthodoxe du Monténégro, Amfilohije, a dénoncé vendredi à Belgrade la politique de «racisme anti-serbe» menée par les «terroristes de l’UçK» contre les populations civiles serbes restées au Kosovo. Incendies, viols et enlèvements sont à l’ordre du jour, affirme l’archevêque de Crna Gora dans sa prise de position.
Mgr Amfilohije, connu pour son nationalisme ombrageux, rappelle que les quelque 80’000 habitants serbes de la région de la Metohija, dans la partie occidentale du Kosovo, sont quasiment tous partis. A l’exception de deux petits villages près du siège patriarcal de Pec, tout a été brûlé et détruit. Il reproche aux troupes de la KFOR de faire preuve d’inertie et d’impuissance pour garantir la protection des Serbes restés dans la province.
De nombreux actes de vengeance ont également visé l’Eglise orthodoxe serbe. Jusqu’à maintenant, quatre monastères et de nombreuses églises ont été détruites, affirme l’archevêque Amfilohije. Ces derniers jours, le métropolite de Crna Gora (Monténégro) a rencontré à deux reprises des représentants de l’UçK et leur a dit qu’ils pouvaient choisir de se comporter ou non en êtres humains.
Le Patriarcat serbe orthodoxe à Belgrade a déclaré pour sa part vendredi que la plaine de la Metohija, où se trouvent les villes de Pec et de Prizren, est actuellement la région du Kosovo la plus touchée par les violations des droits de l’homme. Le métropolite Amfilohije avait accusé la veille le gouvernement de Slobodan Milosevic et les «extrémistes albanais» d’être responsables des crimes commis au Kosovo. L’archevêque du Monténégro a souligné que sans la démocratisation de la Serbie et le départ du président Milosevic, il n’y aura pas d’amélioration de la situation au Kosovo, «au contraire, le pays sera à tout jamais perdu pour les Serbes.»
Le cardinal Christoph Schönborn en «mission de réconciliation» au Kosovo
Notons qu’en ce moment même, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, se trouve sur place au Kosovo pour renouer les liens avec les chefs religieux locaux chrétiens et musulmans, tissés lors de la Conférence de Vienne sur le Kosovo. Cette rencontre avait été mise sur pied en mars dernier par la Fondation «Appeal of Conscience». Le prélat catholique devrait rencontrer à cette occasion le patriarche serbe orthodoxe Pavle Ier au siège patriarcal de Pec, l’évêque catholique Marko Sopi et le mufti musulman Rexhep Boja. Dans sa «mission de réconciliation», le cardinal autrichien est accompagné d’une délégation de la Caritas de Vienne.
Sévères reproches du Mufti de Belgrade à l’encontre de l’OTAN
De son côté, le mufti de Belgrade Hamdija Jusufpahis a adressé de sévères reproches à l’OTAN, qualifiant de «mensonge» l’allégation que les troupes de l’Alliance voulaient protéger les musulmans des agressions qu’ils subissaient. «Avant l’intervention de l’OTAN, a-t-il déclaré vendredi dans une interview, il n’y avait pas de ’purification ethnique’, orthodoxes et musulmans ayant vécu ensemble pacifiquement pendant des siècles». Et d’affirmer que l’OTAN s’est comportée comme «un agresseur religieux, essayant de réduire le nombre des musulmans et des orthodoxes».
Le patriarcat de Moscou a annoncé pour sa part une récolte de fonds pour financer la reconstruction des monastères serbes orthodoxes détruits au Kosovo. Vendredi, le patriarche de Moscou Alexis II a salué la présence des troupes russes au sein de la KFOR. Le chef de l’Eglise orthodoxe russe a relevé que cette présence «conduit à un certain équilibre», notamment parce que les Serbes considèrent les Russes comme des frères. Le patriarche de Moscou a demandé aux troupes de la KFOR de tout faire pour protéger les édifices religieux au Kosovo, dont certains ont été la cible des incendiaires. (apic/kap/kna/be)



