Appel de l’archevêque de Cuttack-Bhubaneswar
Inde: Catholiques menacés par des fondamentalistes hindous
Bhubaneswar, 9 juin 2005 (Apic) Pour les catholiques de l’Etat d’Orissa, les menaces sont quotidiennes. «Les chrétiens sont tournés en dérision et boycottés dans leur vie de chaque jour, dans la totale indifférence des autorités civiles et de la police locale». Tel est l’ appel de l’archevêque de Cuttack-Bhubaneswar.
«Les missionnaires et notre personnel religieux ont peur. Les déplacements sont dangereux. Les chrétiens sont tournés en dérision et boycottés dans leur vie de chaque jour, dans la totale indifférence des autorités civiles et de la police locale. Une situation insoutenable». Tel est le cri d’alarme lancé à l’agence Fides par Mgr Raphael Cheenath, archevêque de Cuttack-Bhubaneswar dans l’Etat d’Orissa. Ces jours derniers, l’Etat d’Orissa est revenu à la une de l’actualité, à cause de nouvelles actions des fondamentalistes hindous contre des familles chrétiennes. En effet, l’administration locale a approuvé un ordre de démolition de 109 maisons de familles chrétiennes. D’après des sources locales, la décision a été inspirée par le Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS, «Corps de Volontaires»), qui fait partie des organisations qui prônent par la violence l’idéologie nationaliste de «l’hindutwa», très fortement ressentie dans l’Etat d’Orissa.
L’archevêque a déclaré à l’Agence Fides que ces actes d’intolérance, plus ou moins violents, se poursuivaient quotidiennement. «Le diocèse a reconstruit, et il l’inaugurera le 11 juin, l’église de Notre-Dame de la Charité, à Raikia, détruite au mois d’août 2004 par une attaque d’intégristes. Mais la violence continue. La communauté catholique souffre et a peur.
Des indigènes convertis obligés de se reconvertir à l’hindouisme
Des tribaux convertis au catholicisme ont été contraints de se reconvertir à l’hindouisme, car leur vie était devenue impossible : ils étaient victimes de discriminations et privés de l’accès à l’eau, au marché, aux services essentiels. Nos missionnaires, quand ils se déplacent et visitent les villages, sont souvent menacés, et ils risquent aussi leur vie».
Mgr Cheenath fait une constatation amère : «Malheureusement, face à cette situation, le gouvernement et la police locale ne font rien. On ne poursuit pas les coupables, et l’on ne met pas en route la machine de la justice. Les raisons de cet immobilisme sont essentiellement politiques : le gouvernement de l’Etat d’Orissa, dirigé par le parti nationaliste Baratiya Janata Party (BJP) ne veut pas perdre l’appui des groupes fondamentalistes. Ces derniers, autrement, se livreraient à des manifestations publiques».
Selon l’archevêque «pour sortir de cette situation, la solution reste le dialogue, autrement dit, chercher à établir des rapports amicaux avec les gens, qui sont souvent endoctrinés et influencés négativement par les groupes intégristes. Ces derniers représentent un tout petit pourcentage de la population indienne, mais ils sont forts et bien organisés. En outre, ils ont l’appui économique de plusieurs hommes d’affaires et l’appui politique du gouvernement local. Aussi, se sentent-ils plus forts encore».
L’archevêque fait appel à toutes les forces saines qui défendent les principes de liberté, de justice et de démocratie en Inde, au plan national, en demandant une intervention pour la protection des minorités, dans le respect des grandes traditions de pluralisme du sous-continent indien. (apic/fides/vb)



