Attitude du gouvernement local et national mise en cause
Inde: Chrétiens et musulmans du Gujarat demandent une enquête internationale
Delhi, 26 avril 2002 (APIC) «Nous demandons une enquête internationale qui fasse la lumière sur les violences perpétrées par les fondamentalistes hindous dans le Gujarat». Cette demande émane des organismes chrétiens et musulmans qui, dans un communiqué diffusé le 25 avril, critiquent durement l’attitude des gouvernements national et local face au conflit interreligieux qui a ensanglanté ces derniers mois l’Etat du Gujarat.
Dans le document, les principales organisations des deux religions, dont All India Christian Council (AICC), All India Catholic Union et All India Muslims (AIMM), qualifient ce qui s’est produit dans le Gujarat de ’’génocide», rapporte l’agence missionnaire Misna. «L’enlèvement de femmes musulmanes et le meurtre de centaines d’enfants et d’adultes innocents perpétrés ces derniers mois et qui rentrent dans une stratégie de nettoyage ethnique bien planifiée par les extrémistes hindous ne peuvent ne pas être condamnés par tout être humain», ajoute le communiqué.
D’après les deux communautés religieuses, ce qui s’est passé met à l’épreuve l’ONU et l’Inde entière, puisque cette dernière est signataire de nombreux traités internationaux sur les droits humains et la liberté de culte. Ni l’Inde, ni les Nations Unies ne peuvent se soustraire à leur responsabilité’’ lit-on. «Le gouvernement indien a jugé certaines déclarations internationales une ingérence dans le débat politique interne en ce qui concerne les dernières violences. Mais les assassinats, les enlèvements, ne peuvent être considérés comme des sujets politiques. De cette façon on insulte les morts et la démocratie indienne».
Gouvernement du Gujarat mis en cause
Les critiques les plus sévères sont adressées au gouvernement du Gujarat. «Les administrateurs locaux augmentent les souffrances des victimes. A travers la presse, ils continuent à dire que la situation est sous contrôle et que l’ordre est rétabli, mais les assassinats quotidiens démentent de façon éclatante de telles affirmations’’, poursuit le document.
Le 26 avril, à Ahmedabad une personne a été tuée et 30 autres ont été blessées dans des affrontements entre force de l’ordre et manifestants hindous. Le fait que la situation demeure grave est confirmé aussi par le couvre-feu imposé dans certains quartiers de Ahmedabad et dans autres ville de l’Etat. Malgré cela, dans certaines localités les gens descendent dans les rues en jetant des pierres et en cherchant à incendier des magasins et des édifices. Dans l’Etat indien les affrontements entre hindous et musulmans avaient éclaté à la fin du mois de février et ont fait au moins 850 morts, musulmans pour la plupart. (apic/mna/bb)



