Renfort de l’armée, après une nouvelle nuit de violence
Inde: Couvre-feu dans l’Etat d’Orissa
New Delhi, 25 septembre 2008 (Apic) Le couvre-feu a été instauré et l’armée réquisitionnée pour tenter de stopper les violences dans l’Etat indien d’Orissa.
Selon l’Agence Misna, le système sécuritaire a été renforcé dans quelques zones du district de Kandhamal, dans l’état oriental de l’Orissa, après que la nuit dernière et ce matin de nouvelles violences aient éclaté, soldées selon un bilan partiel par une centaine d’habitations incendiées et deux églises chrétiennes endommagées.
Les autorités locales ont imposé un couvre-feu dans au moins neuf zones considérées «sensibles» et soumises au risque de nouvelles violences, tandis que des divisions de l’armée et de la police ont été envoyées sur place depuis mercredi. Des sources concordantes de la presse indienne relèvent que la situation dans le district est de nouveau fort tendue depuis que mardi un groupe de personnes ait encerclé un poste de police dans le village de Raikia pour demander la libération de quelques hommes arrêtés pour tentative d’attaque de quelques communautés chrétiennes locales.
La protestation a dégénéré en affrontements avec la police. Un manifestant au moins a été tué et 25 personnes blessées.
Au cours de ces dernières 48 heures, des groupes radicaux sont de nouveau passés à l’action dans plusieurs zones du district de Kandhamal. Les régions davantage concernées par ces dernières violences sont celles de Daringibadi, Udaygiri et Tikabali.
Depuis fin août le district de Kandhamal a enregistré de nombreux et graves actes violents à l’encontre des communautés chrétiennes (catholiques comme protestantes) qui, selon un bilan confirmé par la conférence épiscopale indienne, ont provoqué la mort de 27 personnes et de graves dommages.
Ces dernières semaines, des épisodes analogues, bien que d’intensité mineure, sont survenus aussi dans l’état de Karnataka et du Kerala (Inde méridionale). Nombreux sont ceux qui considèrent que derrière la motivation religieuse apparente se cachent des ambitions politiques de groupes nationalistes et d’extrême droite indiens, à commencer par le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata party et ses plus proches alliés, qui gouvernent tous les Etats où des violences se sont vérifiées. Le tout sur fond des prochaines élections générales, prévues pour 2009. (apic/misna/pr)



