Mise en garde des évêques du Kerala
Inde: Dérives de certains mouvements du renouveau charismatique
Thrissur, 4 juillet 2001 (APIC) Les évêques catholiques du Kerala, en Inde, mettent en garde contre certains animateurs de retraites du Renouveau charismatique. Des dérives sont constatées. Les évêques demandent aux fidèles de prendre leurs distances.
Deux déclarations successives de l’épiscopat catholique du Kerala au début du mois de juin ont attiré l’attention sur certaines dérives qui semblent affecter aujourd’hui le mouvement du Renouveau charismatique dans cet Etat. Dans un communiqué publié le 7 juin dernier, le Conseil épiscopal du Kerala met en effet en garde les fidèles de l’Etat contre un certain nombre de déviances et d’altérations que des animateurs de ce mouvement font subir à la foi catholique et à la théologie traditionnelle. Le 15 juin suivant, le même Conseil épiscopal, dans un communiqué publié séparément, interdisait à Thomas Scaria de continuer à organiser des retraites ou d’autres réunions du même type dans les paroisses sous la juridiction des évêques composant le conseil, à savoir les 27 diocèses du Kerala, appartenant aux trois rites catholiques de l’Inde, latin, syro-malabar, syro-malankara.
Commentant cette dernière décision des évêques, le secrétaire de la Commission épiscopale de l’éducation, le Père Joseph Puthenkulam, a expliqué que l’animateur des retraites du Renouveau avait été l’objet de sanctions en raison des superstitions qu’il répandait chez les fidèles, concernant la vie après la mort, et du vocabulaire agressif utilisé par lui à l’égard des autres religions. Selon certains responsables catholiques, la doctrine enseignée par ce «prédicateur» concernant la communion des vivants avec les morts est particulièrement éloignée de l’enseignement traditionnel de l’Eglise.
Dérives dogmatiques
Selon lui, grâce à l’aide du Saint-Esprit, il est possible d’entrer en communication avec les ancêtres défunts, d’exercer sur eux une véritable influence et d’être affecté par les effets de leur présence parmi nous. Ces accusations ont été violemment rejetées par le «prédicateur» charismatique en question, dont les bureaux se trouvent dans le diocèse syro-malabar de Kothamangalam. Il a qualifié l’interdiction dont il est l’objet «d’immorale et irréligieuse». Il affirme que son enseignement est fondé sur la Bible et sur Jésus-Christ.
En réalité, la mise en garde des évêques du Kerala va bien au-delà de la personnalité particulière de ce prédicateur et a pour objectif d’alerter les fidèles sur un certain nombre de dérives dogmatiques qui se font jour ici et là au sein du mouvement charismatique aujourd’hui en plein développement dans la région.
Le communiqué épiscopal du 7 juin mentionne que quelques-uns des animateurs de retraite du Renouveau, par manque de compétence, s’appuient dans leurs exposés spirituels sur des interprétations erronées de la Bible. Cela apparaît d’autant plus grave aux évêques de la région que le mouvement a pris aujourd’hui une ampleur considérable. A l’intimité des petites réunions charismatiques des années 1970 ont succédé, depuis les années 1990, des rassemblements géants avec prédications, prières communes et séances de guérison.
Distance
Depuis les années 1990, le «Centre de retraite divine» de Naickomparambil, près de Thrissur, tenu par des prêtres de la Congrégation de Saint Vincent, connaît un succès qui ne se dément pas. Ses retraites prêchées en six langues indiennes et s’adressant aux fidèles de toutes les religions attirent en moyenne, chaque semaine, une dizaine de milliers de participants, venant de tout le pays. De nombreux retraitants disent avoir été guéris de leurs maladies.
La réussite du «Centre de retraite divine» a entraîné l’éclosion d’un certain nombre d’autres centres qui, eux aussi, promettent la guérison physique et spirituelle. Depuis dix ans, les équipes d’évangélistes et les centres de retraite se sont multipliés, a fait remarquer Mgr Daniel Achareparambil, président du Conseil épiscopal du Kerala, et quelques-uns entraînent les laïcs sur des voies erronées. En conséquence, les évêques du Kerala ont éprouvé le besoin de prendre leurs distances vis-à-vis de la spiritualité de quelques personnes liées à ces mouvements. (apic/eda/pr)



