Mgr Alan de Lastic demande la protection du gouvernement
Inde: Des fanatiques hindous veulent troubler la visite du pape en novembre prochain
New Delhi, 15 octobre 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II, attendu en Inde le 5 novembre pour une visite pastorale de trois jours, pourrait être chahuté par des fanatiques hindous. Ces derniers ont lancé récemment contre cette visite une campagne de «propagande systématique et hargneuse faite de demi vérités, de mensonges et de désinformation», dénonce Mgr Alan Basil de Lastic, archevêquecatholique de New Delhi.
Malgré ces craintes, Mgr de Lastic, président de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (CBCI) a exprimé l’espoir que les Indiens, quelle que soit leur appartenance religieuse, accueilleront chaleureusement le pape Jean Paul II qui visitera l’Inde le mois prochain. Au cours d’une conférence de presse dans la capitale, New Delhi, Mgr de Lastic a lancé un appel au chef du gouvernement réélu, Atal Behari Vajpayee, du parti BJP (proche des mouvements ultra hindous), afin qu’il garantisse au pape une visite sans accrocs et que «personne ne vienne à ruiner la bonne renommée internationale de l’Inde» à cette occasion.
Le président de la Conférence épiscopale a rappelé au Premier Ministre sa «responsabilité particulière» de rassurer les chrétiens et les autres minorités qui ne se sentent plus en sécurité en Inde et de réagir promptement aux violences antichrétiennes qui ont éclaté après les élections dans le Gujarat et quelques autres Etats indiens.
Personne n’est forcé d’adhérer à une religion, pas de «conversions forcées»
Mgr Alan Basil de Lastic a souligné que l’Inde, en raison de toute sa diversité religieuse, était l’un des rares pays dans le monde où des gens de diverses religions ont vécu des siècles durant dans la paix et l’harmonie. Le responsable catholique a réfuté les allégations de «certains leaders hindous» qui accusent les Eglises chrétiennes de fomenter des «conversions forcées» de membres de leur communauté. Ces accusations maintes fois répétées par les mouvements fondamentalistes hindous, voire répercutées par certains responsables politiques, ont créé un terrain favorable aux agressions contre les chrétiens, qui ont déjà fait de nombreuses victimes ces dernières années.
Le responsable catholique, interrogé sur les activités missionnaires, a précisé que les gens sont libres de pratiquer et de prêcher leur religion pacifiquement et sans entraves. Il n’existe aucune obligation d’accepter contre son gré quelque religion que ce soit. «Nous proposons, nous n’imposons rien!»
Pas d’excuses publiques de l’Eglise pour l’Inquisition à Goa
A propos des menaces proférées par certains éléments du mouvement fondamentaliste «Sangh Parivar», qui a annoncé une marche de protestation de Goa à Delhi pour dénoncer la visite du pape, Mgr de Lastic a déclaré: «L’Inde est un pays libre; ici, tout le monde peut manifester pacifiquement. Nous n’allons pas demander l’interdiction de cette marche’’. L’archevêque de Delhi a encore exclu toute demande de pardon de l’Eglise catholique durant la visite du pape. Le mouvement hindou «Vishwa Hindu Parishad» (VHP) a exigé des excuses publiques pour les «conversions forcées au christianisme». Il n’y aura non plus aucune excuse à propos du rôle de l’Inquisition à Goa, ancienne colonie portugaise, comme le réclame également le VHP.
L’archevêque de Delhi a affirmé que la Commission pour les droits de l’homme, qui a enquêté sur ces accusations «dénuées de tout fondement», n’a pas trouvé un seul cas de conversion forcée. Quant à la demande que le pape ne parle pas du christianisme comme unique chemin de salut – une invitation péremptoire faite par le RSS, la plus puissante organisation fondamentaliste indienne – , Mgr de Lastic a souligné qu’elle viole la liberté religieuse. «Le pape propose ce en quoi il croit, il ne l’impose pas!»
Rencontre avec les évêques d’Asie pour la promulgation du document final du Synode
Le pape est attendu au soir du 5 novembre pour une visite de trois jours au cours de laquelle il rencontrera les évêques de l’Asie dans la cathédrale du Sacré-Cœur de New Delhi. Il signera alors solennellement le 6 novembre l’exhortation apostolique concluant l’Assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Asie tenue au Vatican du 19 avril au 14 mai 1998. Le lendemain, il participera à la messe de conclusion du Synode au Stade Jawaharlal Nehru de New Delhi. Auparavant, Jean Paul II aura été reçu officiellement au Palais présidentiel de New Delhi, pour une visite de courtoisie au président de la République de l’Inde, K. R. Narayanan, au Premier Ministre Atal Behari Vajpayee, et au vice- président Krishan Kant. Le pape se rendra ensuite auprès du mausolée de Gandhi, comme il l’avait fait lors de sa première visite en Inde, en février 1986. Après la messe du 7 novembre, il rencontrera dans l’après-midi les représentants des autres religions et des autres confessions chrétiennes. Le 8 novembre, Jean Paul II s’envolera pour Tbilissi, capitale de la Géorgie, pour deuxième visite pastorale dans un pays orthodoxe, après la Roumanie en mai dernier. (apic/hindt/be)



