La pire attaque antichrétienne de ces dernières années

Inde: La conférence épiscopale indienne dénonce les violences en Orissa

New Delhi, 3 septembre 2008 (Apic) «Ce qui a eu lieu en Orissa, c’est la pire attaque antichrétienne des dernières années», explique le porte-parole de la conférence épiscopale indienne à l’agence Fides. Il n’y a pas eu de morts parmi les prêtres, religieux ou religieuses catholiques mais certains ont été gravement blessés».

«Les extrémistes ont cherché à toucher tous les fidèles, les lieux et les symboles chrétiens comme pour effacer toute trace de christianisme dans cette zone. C’est une véritable tragédie», a déclaré le Père Babu Joseph, porte-parole de la conférence épiscopale indienne à l’agence Fides. Actuellement, la situation semble revenir au calme, grâce aux larges déploiements de forces de police mises en place par les autorités. L’Eglise est en train de dresse un premier bilan des attaques, un bilan qui semble très lourd.

Le Père Babu explique: «La zone dans laquelle les violences ont éclaté n’est pas encore ouverte ni accessible. Seuls les officiels, les membres du gouvernement et les forces de polices peuvent s’y rendre. Mais des témoins oculaires racontent une violence indicible et aveugle. Des milliers de maisons et des centaines d’églises ont été détruites en quelques jours, tout endroit avec une croix était un objectif. A l’évidence, ce n’est pas un acte isolé mais une action bien organisée et planifiée, autrement elle n’aurait pas pu avoir une telle envergure.»

Une violation grave des droits de l’homme

«Les chrétiens victimes de ces attaques ont fui dans les forêts, aujourd’hui ils sont dans des camps de réfugiés. La plupart d’entre eux ne retourneront pas dans leur village d’origine. On les transférera dans d’autres lieux pour les protéger de la violence et sauver leur vie». Le Père Babu Joseph souligne qu’il s’agit d’une «violation grave des droits de l’homme, de la liberté religieuse et même du droit à la vie», et cela demande une mobilisation internationale.

La vague de violence a débuté le 25 août. Deux personnes au moins ont été tuées ce jour-là dans l’Etat indien d’Orissa dont une femme de 20 ans brûlée vive dans l’incendie criminel de l’orphelinat catholique de Panampur suite à l’assassinat imputé aux chrétiens d’un dirigeant radical hindou, Swami Laxanananda, le 23 août dernier. Son meurtre a pourtant été condamné par la Conférence épiscopale indienne et l’organisme oecuménique chrétien All India Christian Council. Ces attaques sont le plus souvent le fait de partisans du BJP (Bharatiya Janata Party, ou Parti du peuple indien) qui rassemble les défenseurs d’une Inde au nationalisme hindou militant. (apic/fides/bb)

3 septembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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