Important développement ces dix dernières années

Inde: Le Nouvel Age a le vent en poupe

Nagpur, 5 janvier 2002 (APIC) Le Nouvel Age prospère en Inde, pays pourtant riche en traditions religieuses traditionnelles. La ville de Nagpur, seconde capitale de l’Etat Maharashtra, illustre bien cette nouvelle tendance. Sur une population de 1,6 million d’habitants, environ 100’000 personnes sont «affiliées» à des mouvements «d’épanouissement personnel», dépourvus de toute référence religieuse.

Un grand nombre d’organisations spirituelles non religieuses sont en activité au sein de la cité. Elles ont modifié les techniques spirituelles de l’Inde ancienne pour s’adapter aux nouvelles générations. La plupart de ces organisations ont été fondées au cours des vingt dernières années. Mais elles n’ont connu un développement important à Nagpur qu’au milieu des années nonante. Jusque là, ce sont vers des mouvements classiques, comme la «mission de Ramakrishna», que se tournaient les personnes en quête de spirituel.

Le «Gayatri Parivar» a été la première association du Nouvel Age à venir se fixer dans la ville. En 1994, année où le philosophe Acharya Shriram commença à propager sa spiritualité, le mouvement n’avait encore que six adhérents. En huit ans, le nombre des disciples s’est élevé à 7’000. Nouvellement entré dans l’univers spirituel de Nagpur, le «Asaram Bapu Charitable Trust» compte déjà 4’000 membres. Plusieurs autres associations et les centres spirituels récemment apparus comptent également des milliers de membres.

Une spiritualité individualiste

L’accent est mis sur la relaxation du corps et de l’esprit, sur l’introspection et le développement de la personnalité. La philosophie implicite de ces groupes, estime l’analyse de l’agence EDA (Eglise d’Asie), est extrêmement individualiste et laisse entendre que la société est automatiquement réformée lorsque chaque citoyen est devenu un être humain vertueux. La plupart de ces organisations évitent soigneusement d’utiliser des techniques spirituelles sous leur forme traditionnelle ou d’autres éléments ayant une connotation religieuse directe.

L’analyse d’EDA précise que plusieurs causes sont à l’origine des précautions prises par ces groupes spirituels, qui éliminent tout élément religieux de leur enseignement et de leur pratique. Cette absence de référence aux dogmes et aux rites leur permet une diffusion plus large et plus rapide dans le monde occidental sans référence aux traditions hindoues, estime EDA. Une spiritualité de ce type est également mieux admise par les élites indiennes, qui souvent manifestent une vraie aversion pour tout ce qui est ouvertement religieux, conclut l’analyse. (apic/eda/sh/pr)

5 janvier 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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