Un bien mauvais service aux minorités chrétiennes
Inde: Les Eglises condamnent l’attribution par la Gd-B du titre de chevalier à Rushdie
Bangalore, 29 juin 2007 (Apic) Des groupements d’Eglises du Pakistan et de l’Inde ont vivement condamné la décision de la Grande-Bretagne de décerner le titre de chevalier à Salman Rushdie, affirmant qu’elle risquait de susciter la haine envers les chrétiens de leurs pays.
«Le gouvernement britannique aurait du se préoccuper davantage des sentiments des musulmans. Cette décision est très regrettable,» a déclaré le 28 juin Victor Azariah, secrétaire général du Conseil national des Eglises du Pakistan, qui regroupe quatre Eglises protestantes.
«Ce genre de décisions indélicates fera tout bonnement empirer les sentiments anti-chrétiens dans le monde musulman,» a estimé à Lahore Victor Azariah interrogé par l’Agence ENI.
Salman Rushdie, d’origine indienne, avait provoqué la colère d’un grand nombre de musulmans dans le monde avec la publication de son ouvrage «Les versets sataniques», en 1988. L’auteur avait été accusé d’insulter l’islam et avait été contraint à se cacher quand l’ayatollah Rouhollah Khomeini, ancien leader spirituel de l’Iran, avait lancé une fatwa (décret religieux) contre lui, le condamnant à mort.
Depuis que sa récompense a été annoncée mi-juin, des musulmans ont manifesté à Londres, au Pakistan et en Iran, entre autres. Le parlement du Pakistan a adopté à l’unanimité une résolution condamnant l’attribution à Salman Rushdie du titre de chevalier et exigeant son retrait.
Victor Azariah a déclaré que des mesures aussi «imprudentes» que l’attribution d’un titre de chevalier pouvaient servir d’instrument de propagande aux forces fondamentalistes, afin de diaboliser la minorité chrétienne du Pakistan. Une minorité qui n’avait assurément pas besoin de cela.
Plus de 30 chrétiens ont été tués au Pakistan suite à l’invasion de l’Afghanistan de 2001 visant à évincer le régime taliban alors au pouvoir.
Par ailleurs, le Conseil national des Eglises de l’Inde a également critiqué l’attribution du titre de chevalier et a fait savoir que la Grande-Bretagne aurait mieux fait de faire preuve de «retenue».
L’éveque D. K. Sahu, secrétaire général du Conseil, a déclaré : «Ce n’est pas qu’une simple question d’honneurs rendus à un auteur. La planète entière sait à quel point le monde musulman est en colère contre son livre». (apic/eni/pr)




