927 filles pour 1’000 garçons dans la tranche d’âge 0 et 6 ans
Inde: Les Eglises réclament des mesures contre la destruction de foetus féminins
New Delhi, 29 octobre 2003 (Apic) Plusieurs femmes influentes au sein des Eglises de l’Inde ont soutenu la campagne contre la destruction des foetus de sexe féminin. Leur intervention fait suite à la publication d’une étude montrant une forte baisse du nombre des filles par rapport aux garçons.
«La pratique qui consiste à déterminer le sexe du foetus et à avorter si celui-ci est féminin est devenue courante dans le pays», souligne ce rapport intitulé «Missing . Mapping the Adverse Child Sex Ratio in India». Cette étude a été publiée le 20 octobre par le ministre fédéral de la Santé de l’Inde, Sushma Swaraj, relève l’agence d’information oecuménique ENI.
L’étude avertit que le déséquilibre résultant du manque de filles pourrait détruire le tissu social et humain de la société. Basé sur les données collectées durant le recensement national de 2001, le rapport montre que la proportion de filles par rapport aux garçons est tombée à 927 filles pour 1’000 garçons dans la tranche d’âge entre 0 et 6 ans. En 1991, cette proportion était encore de 945 filles pour 1’000 garçons. En certaines régions, ce rapport est actuellement tombé à 800 filles pour 1’000 garçons.
«Nous devons prendre des mesures sévères pour arrêter l’avortement de foetus de sexe féminin et changer les attitudes sociales envers les femmes», a souligné Jyotsna Chatterji, membre de l’Eglise de l’Inde du Nord et directrice du Programme national «femmes», dont le siège est à New Delhi. Les lois interdisant le foeticide féminin par l’avortement après la détermination du sexe sont encore largement ignorées, a-t-elle dit au correspondant d’ENI.
Une conséquence du système de la dot
En Inde, les filles sont souvent considérées comme étant inférieures aux garçons, et de nombreux parents croient qu’ils doivent payer une dot élevée pour leur trouver un mari acceptable – en dépit d’une interdiction officielle, depuis 40 ans, du système de la dot.
«C’est pourquoi, la solution la plus facile est d’empêcher la naissance d’une fille», a fait remarquer Pauline Sathiamurthy, secrétaire générale de l’Eglise de l’Inde du Sud. «Cette attitude conduit également à l’infanticide féminin, à la discrimination contre les filles dans le domaine de l’éducation et du travail, où elles doivent accomplir des taches dangereuses dès leur plus jeune age», a-t-elle ajouté. L’Eglise de l’Inde du Sud, a-t-elle annoncé, a lancé une campagne visant à combattre la discrimination contre les filles.
Le 28 octobre, le journal Times of India a écrit dans un éditorial que «même les quartiers les plus riches et les plus cosmopolites» de la capitale enregistrent une baisse du nombre des filles par rapport aux garçons. C’est devenu un phénomène «alarmant» en Inde, a déploré le ministre de la Santé en annonçant que son bureau avait décidé d’afficher des posters dans les centres de santé sur lesquels on pourra lire: «Je suis à vous. Ne me tuez pas.» (apic/eni/bb)




