Craintes dans l’attente du résultat
Inde: Les électeurs chrétiens se sont mobilisés en masse pour se rendre aux urnes
New Delhi, 12 septembre 1999 (APIC) Malgré la lassitude de l’électorat indien devant des scrutins à répétition, les électeurs chrétiens ont manifesté une présence particulière durant les élections législatives en Inde, commencée le 5 septembre et échelonnée sur cinq jours. Les résultats ne devraient pas être connus avant octobre. Mais la crainte de voir le part nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party (BJP) l’emporter à nouveau est bien réelle.
Selon les observateurs, cette présence chrétienne massive a été une réaction aux sondages d’opinion qui donnent majoritairement comme vainqueur l’Alliance nationale démocratique, coalition de 24 partis conduite par les nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party
Le 5 septembre, un peu moins de 55% des électeurs appelés à voter ont participé au premier jour de scrutin. Aux dernières élections générales, en mars 1998, le taux de participation n’avait atteint que 62 %. Les résultats des élections ne seront pas connus avant octobre, car le scrutin s’étale sur cinq jours séparés, pour permettre aux forces de sécurité et au personnel électoral de se déplacer d’une région à l’autre. Le scrutin sera clos le 3 octobre. Plus de 600 millions d’Indiens ont le droit de vote en Inde.
C’est la troisième fois que les électeurs retournaient aux urnes depuis 1996, et ces multiples consultations ont été rendues nécessaires par la chute d’une succession de gouvernements de coalition, bien que le mandat parlementaire soit de cinq ans.
Le dimanche 5 septembre, dans les 10 Etats et six territoires fédéraux où les électeurs étaient appelés à choisir 145 des 543 députés du Parlement national, de nombreux membres du clergé ont saisi l’occasion de conseiller à leurs fidèles, dans leur sermon, de ne pas gaspiller leur suffrage. L’évêque de Delhi, Karam Masih, de l’Eglise de l’Inde du Nord, est allé directement aux urnes à la fin du service pour voter.
Le devoir de voter
Dans son sermon, le prêtre catholique G. Rebello, de New Delhi, a pour sa part adressé un vibrant appel aux fidèles, en leur disant qu’ils avaient un «devoir spécial de voter» et en les incitant à «voter pour ceux qui seront disposés à assurer la sécurité des minorités».
En plus du clergé, les membres de la communauté chrétienne ont, eux aussi, exercé leur droit de vote avec un enthousiasme inhabituel.
Pendant la période qui a précédé le scrutin du 5 septembre, le BJP avait demandé que la date du scrutin soit changée, en faisant valoir que les chrétiens voteraient en masse dimanche pour un candidat chrétien, en particulier dans les circonscriptions, comme celle de Nagercoil dans le sud, où les chrétiens l’emportent en nombre sur les hindous.
A mesure que se rapprochait le jour des élections, les Eglises et organisations ecclésiastiques de l’Inde ont multiplié leurs critiques publiques à l’égard du BJP.
Contrairement aux consignes «modérées» diffusées un mois avant le scrutin, pour recommander aux catholiques de voter pour des partis laïcs, le message dominical lancé par la Conférence épiscopale de l’Inde le 22 août incitait les chrétiens à «faire front commun» et à «contribuer à la création d’une Inde laïque et démocratique».
Auparavant, le Conseil national des Eglises de l’Inde, qui regroupe 29 Eglises protestantes et orthodoxes, avait déclaré dans ses consignes aux électeurs: «l’histoire ne nous pardonnera pas si nous ne parvenons pas à vaincre les forces sectaires représentées par le BJP.»
La clarté des consignes données par les organisations ecclésiastiques aux électeurs chrétiens s’explique par les sondages d’opinion, qui prédisent une victoire incontestable de la coalition menée par le BJP.
Asie: Deuxième congrès des théologiens asiatiques en Inde
Pour la pleine reconnaissance des autres religions
Bangalore, 12 septembre 1999 (APIC) Réuni à Bangalore, au sud de l’Inde, le deuxième Congrès des théologiens asiatiques a plébiscité la pleine reconnaissance des religions non chrétiennes et plaidé pour leur rôle légitime dans la vie de leurs fidèles.
«Nous devons regarder la diversité religieuse comme le produit du Verbe-en-action et comme une réponse au dessein de Dieu pour la création», a notamment déclaré la Commission de missiologie. «Notre compréhension des autres religions devrait s’inspirer du modèle de la relation de Jésus à l’autre en tant qu’autre», estime-t-elle. Et d’inviter l’Eglise à ne pas faire seulement du dialogue interreligieux un exercice académique mais à «construire une communauté humaine réconciliée».
Le Congrès a rassemblé du 9 au 15 août 104 théologiens catholiques, protestants et orthodoxes originaires de 12 pays d’Asie. 10 d’entre eux représentaient la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie (FABC). (apic/cip/pr)



