Inde: Les évêques syro-malabar mécontents de voir des questions toujours sans solution
Déception après leur visite «ad limina»
New Delhi, 29 mai 2003 (Apic) Les évêques de l’Eglise syro-malabar de l’Inde n’ont pas caché leur déception de n’avoir pas obtenu de réponse précise à une requête présentée par eux au Saint-Siège, à leur retour de Rome, dans le cadre de leur visite «ad limina».
Le cardinal Varkey Vithayathil, le plus haut responsable de cette Eglise en tant qu’archevêque majeur, a précisé, le 13 mai à l’agence Ucanews, que le Vatican n’avait pas donné de solution aux desiderata des évêque syro- malabar sollicitant du Saint-Siège le droit de rattacher à leur charge pastorale tous les fidèles de leurs Eglises vivant sur des territoires de rite latin en Inde ou encore dans les pays du Golfe persique.
L’Eglise catholique en Inde comprend trois rites, latin, syro-malabar, syro- malankara. Le rite latin se conforme à la liturgie romaine introduite en Inde par les missionnaires à partir du XVe siècle, tandis que les autres suivent les traditions de l’Eglise syriaque et font remonter leur origine à Saint Thomas, l’apôtre. Ce sont les fidèles de rite romain qui sont les plus nombreux. Ceux de rite syro-malankara sont en petit nombre. L’Eglise syro-malabar compte quelque 3,8 millions de chrétiens, résidant pour la plus grande partie dans l’Etat du Kerala, Etat où se trouvent également la majorité de la communauté syro-malankara. Cependant, beaucoup de membres des deux Eglises orientales sont, depuis longtemps, allés s’établir en de nombreuses autres régions de l’Inde aussi bien que dans divers pays d’Europe, d’Amérique du Nord et du Golfe persique.
Au cours de leur récente visite au Saint-Siège, les évêques syro-malabar avaient donc décidé de soumettre au Saint-Siège leur désir d’étendre leur responsabilité pastorale aux membres de leur Eglise vivant en dehors de leur territoire canonique, en déléguant quelques-uns de leurs prêtres pour se charger d’eux. Ce problème, très délicat, sur lequel les Eglises romaine et orientales évitent de s’affronter trop directement, est plusieurs fois dans le passé venu à la surface, notamment en 1998, lors de la préparation et de la tenue du Synode des évêques pour l’Asie.
Problème posé depuis 30 ans
Le Saint-Siège a, généralement, encouragé les évêques des deux rites à trouver une solution commune à ce problème. Cependant, a confié le cardinal Vithayathil, voilà trente ans que le problème est posé et qu’aucune solution acceptable pour les deux parties n’a été trouvée.
Il existe un seul cas de territoire «partagé». En mai 1988, Jean Paul II a créé le diocèse syro-malabar de Kalyan, seul diocèse à ce jour à partager son territoire avec des diocèses de rite latin (ceux de Bombay, de Pune et de Nashik), en dehors du Kerala. La création de ce diocèse n’a pas été sans difficulté et, en 1999, soit plus de dix ans après sa création, on a pu voir l’archevêque, latin, de Bombay, Mgr Ivan Dias, publier une lettre pour interdire à ses prêtres de présider des offices dans les centres syro- malabar.
Au cours d’une audience accordée le 23 mai dernier aux évêques de rite romain des quatre provinces ecclésiastiques indiennes de Calcutta, Guwahati, Imphal et Shillong, le pape avait mis en garde contre «les expériences hasardeuses», et parlé du manque de liberté religieuse et de la discrimination dont souffrent les chrétiens dans certains Etats de l’Inde. Il a même évoqué, sans les nommer, certaines dispositions législatives récemment adoptées pour empêcher la diffusion du christianisme. (apic/eda/pr)



