Un jalon dans la longue lutte de la communauté chrétienne

Inde: Les femmes chrétiennes auront les mêmes droits que les hommes en cas de divorce

New Delhi, 4 septembre 2001 (APIC) Les Eglises chrétiennes de l’Inde ont qualifié de «jalon dans leur longue lutte» les changements adoptés la semaine dernière par le Parlement, qui rendent les lois concernant le divorce pour les chrétiens «équitables pour les femmes». En effet, un amendement de la loi de 1869 sur le divorce approuvé par la Chambre basse du Parlement le 30 août donne aux femmes chrétiennes des droits similaires à ceux des hommes, en cas de divorce.

Selon la loi, qui remonte au régime colonial britannique, un tribunal civil accordait le divorce à un mari chrétien, s’il y avait adultère, abandon du domicile conjugal, changement de religion, ou cruauté de la part de l’épouse. Mais pour celle-ci, il était nécessaire de prouver plusieurs de ces facteurs avant d’obtenir le divorce et ceci rendait la démarche pratiquement impossible.

«La clause discriminatoire avait été forgée sur mesure pour des fonctionnaires chrétiens du régime colonial en Inde [ce qui empêchait les épouses indiennes de ces fonctionnaires de divorcer facilement] «, a expliqué au correspondant de l’agence de presse œcuménique ENI Jyotsna Chatterji, directrice du Groupe d’action des femmes chrétiennes qui a proposé ces amendements à la fin des années 80.

«Mais, même après l’indépendance, les gouvernements qui se sont succédé ont refusé d’amender cette clause archaïque», a ajouté Jyotsna Chatterji, membre de l’Eglise de l’Inde du Nord. «Nous sommes donc très heureuses que finalement les femmes aient obtenu des droits égaux en matière de divorce.»

L’amendement change également deux clauses de la loi concernant la communauté chrétienne: il supprime le montant plafond pour les demandes de pensions alimentaires et limite à deux mois le temps que les tribunaux ont pour fixer les montants de pensions alimentaires préliminaires pour l’épouse et des allocations pour enfants durant la procédure de divorce.

Déclaration commune des Eglises

Les Eglises chrétiennes en Inde ont diffusé une déclaration commune le 2 septembre pour saluer cette décision qu’elles considèrent comme un jalon dans leur lutte pour la justice. Elle est signée par le Conseil national des Eglises de l’Inde, forum de 29 Eglises orthodoxes et protestantes, la Conférence épiscopale de l’Inde et le Groupe d’action des femmes.

Suzy Mathews, présidente du Conseil des femmes chrétiennes de toute l’Inde – qui est le département «femmes» du Conseil national des Eglises de l’Inde – s’est félicitée de cet amendement «bienvenu» pour les chrétiennes. «Même si les chrétiens ne sont pas supposés divorcer, ce sera une bénédiction pour les femmes confrontées à des situations extrêmement difficiles»; a-t-elle dit au correspondant d’ENI lors d’un entretien téléphonique.

Le père Donald de Souza, secrétaire général adjoint de la Conférence épiscopale, a confié que «l’Eglise catholique se félicitait de cet amendement très attendu et nécessaire». «Même si l’Eglise catholique est opposée au divorce, nous ne voulions pas bloquer une démarche concernant l’égalité des sexes et l’obtention du «divorce par consentement mutuel» que réclamaient d’autres Eglises chrétiennes «, a-t-il précisé. «Dans un grand pays comme l’Inde, ou` le divorce est reconnu par plusieurs Eglises chrétiennes, il n’était pas dans l’intention de l’Eglise catholique de s’opposer» à cette initiative. (apic/eni/bb)

4 septembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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