Mouvements hindouistes montrés du doigt par les chrétiens
Inde: Les musulmans rejettent un compromis des hindous
New Delhi, 10 mars 2002 (APIC) En Inde, les musulmans ont rejeté un compromis présenté par les hindous. Ceux-ci proposaient de construire un temple à côté du site de l’ancienne mosquée d’Ayodhya. Cette controverse est à l’origine de sanglants affrontements interreligieux qui ont fait plus de 700 morts. Trois mouvements hindous sont accusés par les Eglises chrétiennes de susciter la haine religieuse.
Le All India Muslim Personal Law Board (AIMPLB), qui représente les 125 millions de musulmans en Inde, a refusé la proposition du Vishwa Hindu Parishad (VHP), le Conseil mondial hindou. Cet organisme est à l’origine de la campagne pour la construction d’un temple hindou sur les ruines de la mosquée à Ayodhya.
La semaine dernière, le VHP avait affirmé qu’il renoncerait à ses projets si le gouvernement lui octroyait un terrain adjacent au site de la mosquée. L’AIMPLB a estimé impossible d’accepter cette proposition, affirmant n’avoir toujours pas reçu de copie du plan de construction comme il l’avait exigé.
Hindous et musulmans se disputent ce site. En 1992, des radicaux avaient détruit la mosquée Babri (16e siècle), affirmant qu’elle avait été édifiée sur un temple dédié à l’une de leur divinité. Les émeutes qui avaient suivi la destruction de cette mosquée avaient fait quelque 2000 morts. L’Etat du Gujarat a été le théâtre de massacres religieux, qui ont fait près de 700 morts depuis deux semaines, liées à ce projet de reconstruction. Le VHP avait initialement prévu de commencer à ériger les piliers le 15 mars sur ce site controversé. Après ces violences, il avait accepté de s’en remettre à la justice pour un arbitrage final.
Les Eglises chrétiennes dénoncent trois mouvements hindous
Le Conseil des Eglises chrétiennes (»All India Christian Council» / AICC) condamne pour sa part le fait qu’aucune disposition n’ait été prise envers le VHP, le RSS (Rashtriaya Swayamsewak Sangh / Organisation des volontaires nationalistes) et le groupe Bajrang Dal. Le secrétaire de l’AICC, John Dayal, a accusé ces mouvements de disposer de ramifications et de sympathisants également hors des frontières nationales. Ce qui représentent de puissants centres de pouvoir extra-constitutionnel. L’AICC, après avoir sollicité des enquêtes à la Cour suprême indienne et à la Commission nationale des droits de l’Homme, a décidé de s’adresser au Haut Commissariat des Nations Unies, estimant que l’activité de groupes qui pratiquent la violence et incitent à la haine religieuse me pouvait plus être tolérée. (apic/ag/mna/bb)




