Le fabricant de jeans qui livre de grandes marques riposte

Inde: Mandats d’arrêt contre des militants de la Campagne Clean Clothes

Zurich/Lausanne, 18 octobre 2007 (Apic) Le fabricant de Jeans indien FFI a obtenu auprès d’un tribunal de Bangalore un mandat d’arrêt contre des militants de la Campagne Clean Clothes (CCC). Le tribunal estime que la critique de CCC à l’encontre de FFI relève de la diffamation. La Déclaration de Berne (DB) s’alarme.

Le fabricant de Jeans d’Inde du Sud Fibres and Fabrics International Pvt. Ltd. (FFI) dépose depuis un an environ des plaintes en diffamation contre toutes les voix critiques à son égard, explique l’ONG La Déclaration de Berne (DB). Cette démarche a conduit au fait suivant, dénonce un communiqué de la DB. Un tribunal de la ville indienne de Bangalore a en effet émis un mandat d’arrêt contre plusieurs employés de la campagne internationale Clean Clothes (CCC), le 26 septembre dernier, pour «cybercriminalité, activités racistes et diffamation».

Devant «l’absurdité évidente des différents chefs d’accusation», s’însurge la DB, qui sont pourtant graves, on comprend aisément que «cette plainte n’est autre qu’une tentative pour endiguer l’influence grandissante de CCC».

En automne 2005, le syndicat indien GATWU et les organisations du droit du travail Cividep et Munnade avaient informé CCC des violations du droit du travail commises par FFI. En juillet 2006, une ordonnance judiciaire a interdit aux groupes «droit du travail» de parler en public des conditions de travail chez FFI. Comme la campagne Clean Clothes a poursuivi sa critique, des mandats d’arrêt ont été émis à l’encontre de ses principaux militants en Hollande, qui risquent désormais jusqu’à deux ans de détention en cas d’entrée sur le territoire indien.

Les grands groupes IT, Antenna et Xs4all, qui ont fourni à CCC un accès internet lui permettant de diffuser ses critiques, sont également concernés par cet avis juridique. CCC a récemment reçu le soutien d’Amnesty International contre ce jugement. Des entreprises de marque bien implantées en Suisse comme Armani, G-Star, Guess et Mexx, sous-traitent à FFI. Armani se distingue «de manière particulièrement négative en niant toute responsabilité», souligne la DB. CCC appelle les consommateurs et les consommatrices en Suisse à protester contre les conditions de travail chez FFI et lance une action par lettres, qui réclame le retrait de la plainte. (apic/com/vb)

18 octobre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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