Après les violences contre les chrétiens
Inde : Mgr Cheenath fait le point sur la situation dans l’Etat de l’Orissa
Bhubaneswar (Inde), 24 mars 2009 (Apic) L’archevêque du diocèse catholique de Cuttack-Bhubaneswar, Mgr Cheenath, dénonce le fait qu’aucun des auteurs des actes de violence contre les chrétiens qui ont endeuillé le pays n’ait été jugé et condamné jusqu’à ce jour.
L’archevêque du diocèse catholique de Cuttack-Bhubaneswa en Inde, Mgr Raphael Cheenath, déplore, lors de son passage à Paris, que pas un seul auteur des actions des violences antichrétiennes qui a endeuillé l’Etat de l’Orissa n’ait été jugé ou condamné.
Si certains extrémistes hindous ont bien été arrêtés, ils ont rapidement été remis en liberté, affirme-t-il. Le prélat espère que les élections générales du 16 avril prochain seront à même d’apporter des changements et de «redonner espoir aux communautés chrétiennes dont il a la charge».
Dans le district du Kandhamal, centre des violences antichrétiennes qui ont fait une centaine de morts et des milliers de déplacés après l’assassinat, le 23 août dernier, d’un religieux hindou radical, le swami Laxamananda Saraswati, la situation est aujourd’hui redevenue calme. Mais, dénonce Mgr Cheenath, ce sont là des apparences trompeuses: «Les chrétiens ont peur de revenir chez eux car ils ne veulent pas être soumis au chantage des hindouistes, qui leur promettent de restituer leurs biens s’ils se convertissent à l’hindouisme.» Dans les camps de personnes déplacées, mis en place par le gouvernement de l’Etat de l’Orissa, les chrétiens ne sont pas plus rassurés. D’une part, les autorités souhaitent désormais fermer ces camps et, pour cela, elles exercent de fortes pressions sur les personnes pour qu’elles acceptent de repartir chez elles; et, d’autre part, aucun coupable n’ayant été déféré devant la justice, les chrétiens ont peur de se retrouver vivre aux côtés de ceux-là même qui les ont persécutés.
Pour le prélat, «Aujourd’hui, les chrétiens (au Kandhamal) n’ont rien à espérer du point de vue matériel. Certains ont perdu des êtres qui leur étaient chers. Ils ont vu leurs maisons incendiées, leurs biens pillés, détruits ou volés et leurs terres sont désormais accaparés par d’autres». Il regrette aussi la faiblesse du gouvernement pour un retour à la normale. (apic/eda/js)



