Inquiètes, les Eglises chrétiennes prennent leur distance
Inde: Odieux trafic de bébés par un pseudo-pasteur
Selon la police l’agence d’adoption «chrétienne» que dirigeait Peter Subbiah, qui prétendait être pasteur, rachetait des bébés à des familles pauvres pour les vendre à des couples à l’étranger. Les Eglises de l’Etat de l’Andhra Pradesh entendent aujourd’hui se distancier du directeur de cette agence. Selon l’Agence œcuménique ENI, ce pseudo-pasteur mais néanmoins directeur trompait les gens sur son statut ecclésiastique et sur son appartenance à l’Eglise.
Les Eglises craignent aujourd’hui que les agissements de cet homme n’affectent leur image et leur travail. Certains observateurs n’hésitent pas à dire que les allégations concernant une escroquerie et la soi-disant implication de chrétiens pourraient renforcer la campagne menée par les fondamentalistes hindous contre les chrétiens.
Peter Subbiah, directeur de l’Association d’assistance sociale évangélique du Bon Samaritain (GSESWA) a été arrêté le 28 mars par la police qui le considère comme le cerveau d’une opération de vente de bébés à l’étranger. Son arrestation a suivi celle d’une assistante sociale, accusée d’avoir acheté trois nourrissons, au nom de l’Association, dans des familles pauvres du district de Nalgonda dans l’Etat de l’Andhra Pradesh.
Le directeur de la GSESWA, inculpé d’abus de confiance et accusé d’avoir fait sortir des enfants clandestinement du pays, est actuellement détenu à la prison centrale de Mushirabad à Hyderabad, capitale de l’Etat. Son procès devrait avoir lieu vers la fin de l’année.
Fausses assistantes sociales
La police a fermé la crèche de l’Association près d’Hyderabad, et déplacé 56 bébés âgés de moins de 12 mois. Plus de 150 bébés ont aussi été déplacés d’une autre organisation – Action pour le développement social – qui, selon la police, dépendait de l’autorisation facilitant l’adoption de bébés par des couples étrangers obtenue par Peter Subbiah.
2’000 à 3’000 dollars pour un bébé
Selon les enquêteurs, les «assistantes sociales» cherchaient à prendre contact avec des femmes enceintes, et les persuadaient de confier les bébés, si c’étaient des filles, à l’agence. Les garçons sont en effet généralement préférés aux filles dans certaines communautés. En plusieurs cas, les femmes se voyaient offrir la somme de 2’000 à 3’000 roupies (de 45 à 70 dollars). L’agence contactait alors des étrangers qui étaient prêts à donner de 2’000 à 3’000 dollars pour «adopter» une fillette.
L’agence de Peter Subbiah aurait envoyé 17 enfants aux Etats-Unis et un au Danemark depuis mai l’an dernier, date à laquelle l’agence a obtenu l’autorisation de «faciliter des adoptions» auprès de l’agence centrale du gouvernement indien (CARA) qui contrôle les adoptions.
«Les antécédents religieux de Peter Subbiah sont peut-être une des raisons qui m’ont poussée à choisir son agence», reconnaît Danielle Green, de Floride, aux Etats-Unis, venue en mars à Hyderabad pour adopter un bébé. Après un mois, elle a obtenu la permission du tribunal d’avoir la garde d’une fille de douze mois, Apoorva. Elle a déclaré à ENI avoir payé à Peter Subbiah 2’500 dollars et avoir versé auparavant 5’000 dollars à une agence américaine qui avait recommandé l’agence dont il était directeur, pour «les formalités administratives et les frais d’adoption». Toutefois des problème juridiques l’ont empêchée d’emmener Apoorva aux Etats-Unis et elle est repartie sans l’enfant. (apic/eni/pr)



