Contrer la montée du fondamentalisme hindouiste?
Inde: Port visible de signes religieux interdits dans l’armée
New Delhi, 30 janvier 2004 (Apic) Le gouvernent indien a interdit au personnel de l’armée le port de signes symboliques liés à la religion. Les sikhs semblent épargnés par la mesure. Cette mesure intervient – est-ce un hasard? – en pleine montée du fondamentalisme hindouiste.
Les militaires indiens n’ont désormais plus le droit de porter de bracelets, d’anneaux ou bagues porte-bonheur, de rayures ou de points vermillon inscrits sur le front, ou encore de fils sacrés. La nouvelle est rapportée par «L’Indian Express» dans son édition du 18 janvier dernier. Elle cite une instruction destinée à l’ensemble du personnel de l’armée indienne. Les officiers supérieurs, auteurs de cette nouvelle ordonnance, précisent qu’ils ont observé que de plus en plus de membres du personnel de l’armée indienne, forte d’un million d’hommes, se laissent aller à ce genre de pratiques. Il n’est pas spécifié si cette interdiction du port de symboles religieux par les militaires a quelque rapport avec la montée actuelle du fondamentalisme au sein de l’hindouisme.
Cette interdiction, qui ne porte que sur les signes visibles à l’extérieur de l’uniforme, est particulièrement sévère pour les femmes officiers, au nombre de 75 dans les forces armées indiennes. Elles ne sont pas autorisées à porter de bracelets, de boucles d’oreilles, de rouge à lèvres et de vernis à ongle. Elles peuvent cependant porter la rayure ou le point vermillon sur le front à condition que ce signe soit caché par le béret de l’uniforme. Les hommes sont autorisés à porter une chevalière à un doigt de la main gauche.
L’état-major a, par contre, fait preuve de beaucoup plus de libéralisme à l’égard des officiers et des militaires de religion sikh. Ces derniers pourront continuer à porter leurs traditionnels bracelets d’acier. Aucun des articles de la nouvelle instruction ne concerne leur turban et leur barbe. (apic/eda/bb)



