Un coup porté aux minorités religieuses
Inde: Restriction des activités sociales des groupes non hindous
New Delhi, 30 septembre 2001 (APIC) Les religions minoritaires indiennes protestent contre une tentative du gouvernement visant à restreindre les contributions financières reçues de l’étranger
Le contexte d’une telle décision, comme l’explique Eglises d’Asie (EDA), vient d’un projet de réforme de loi étudié par le gouvernement fédéral visant à réglementer les contributions financières étrangères accordées aux organisations privées du pays. Cette loi, adoptée en 1976, et en vigueur jusqu’à présent, donnait un cadre juridique à l’aide extérieure reçue par les associations engagées dans des activités sociales. Pour recevoir des fonds de l’étranger, chaque association – religieuse ou autre – devait avoir obtenu l’approbation du gouvernement fédéral.
Les nouvelles dispositions envisagées par le gouvernement prévoient que même les associations bénéficiant d’un agrément fédéral devront obtenir une première permission de l’administration du district. Par ailleurs, l’amendement en préparation obligera les associations recevant des fonds étrangers à en publier le montant dans la presse locale.
Les chrétiens et les autres minorités religieuses soupçonnent les groupes hindouistes militants d’avoir eu l’initiative de la réforme gouvernementale. Ces derniers prétendent que les fonds venant de l’extérieur sont, en réalité, employés par les chrétiens à la conversion des populations déshéritées et, par les musulmans, à mener des activités antinationales.
Cette mesure est ressentie comme une discrimination à l’encontre des œuvres sociales des religions minoritaires d’autant plus injuste, explique EDA, que les fonds reçus de l’étranger par les groupes hindous sont tout à fait considérables. Les statistiques gouvernementales montrent que les prêtres hindous, qu’ils soient modérés ou partisans de la ligne dure, ainsi que les organisations culturelles hindoues, viennent largement en tête pour le montant total des contributions financières reçues de l’étranger.
Le directeur de Caritas India, le P. John Noronha, a déclaré, que la mesure affectera, en premier lieu, les pauvres de l’Inde. Pour sa part, le dirigeant sikh, Omkar Singh Thapar, membre du comité de gestion des temples de Delhi, a pressé le gouvernement de ne pas heurter la sensibilité des minorités religieuses en restreignant leurs activités caritatives. Les centres sikhs qui ont en charge des milliers d’orphelins handicapés et de personnes âgées ne pourront pas continuer leurs activités avec la seule aide du gouvernement. A cet argument, les représentants des minorités religieuses ajoutent des accusations mettant en cause les intentions réelles cachées sous le projet d’amendement. (apic/zn/mk/pr)



