Les chrétiens condamnent ces actes

Inde: Temples hindous profanés dans la région de Goa

New Delhi, 26 octobre 2008 (Apic) La spirale de la violence interreligieuse en Inde continue, après les profanations de temples hindous dans la région de Goa.

Le Père Francis Caldeira, porte-parole de l’archidiocèse catholique de Goa cité par Eglises d’Asie, a manifesté son soutien envers la communauté hindoue dont quatre temples ont été profanés depuis le début du mois. Il a également souligné que cette série de profanations mettait en péril la cohésion sociale: « Nous condamnons les actes de vandalisme et de lâcheté commis contre ces lieux de culte, et exprimons notre totale solidarité envers la communauté touchée (…). Nous demandons aux autorités de tout mettre en oeuvre pour arrêter les coupables. »

Le ministre-président de l’Etat de Goa, Digambar Kamat, a annoncé une récompense de 100’000 roupies (1’600 euros) pour toute information qui permettrait d’identifier les coupables. Il a également ajouté que le gouvernement mettrait en place une équipe d’investigation spéciale pour élucider l’affaire. Il a rappelé qu’au cours des deux dernières années, plus de 500 profanations de lieux de culte ont eu lieu dans la partie sud de l’Etat. Le ministre-président a ajouté que les quatre récentes profanations, perpétrées sur le même mode, donnaient à penser qu’elles faisaient partie d’un plan pour troubler l’entente entre les communautés.

Islamistes dans le collimateur

Le chef de l’opposition, Manohar Parrikar, a avancé, quant à lui, que c’était le «Indian Mujahideen» (IM), groupe islamiste qui a revendiqué de récents attentats dans le pays, qui était derrière cette série de profanations, dans le but d’exacerber les tensions intercommunautaires dans l’Etat.

Le 20 octobre, le Comité pour la protection des temples de l’Etat de Goa, nouvellement formé, a organisé une « opération ville morte » pour protester contre les profanations. Le principal parti de l’opposition, le Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du Peuple indien), pro-hindou, et plusieurs groupes d’hindous radicaux ont soutenu cette grève générale.

Selon New Delhi News, cette opération de fermeture de tous les magasins a été lancée par le Bajrang Dal. « Il y a des groupes qui essayent de faire croire que le gouvernement (de Goa) est anti-hindou. Ils essayent de calomnier le gouvernement et blessent ainsi les sentiments des hindous », a commenté le ministre-président Digambar Kamat.

Parmi les temples profanés, celui du village de Cuncolim, à quelques kilomètres au sud de Panaji, capitale de l’Etat, est révéré par les populations locales hindoues et catholiques comme un élément de leur héritage commun. Les deux communautés font remonter leurs origines à douze clans qui vivaient dans le village avant l’arrivée des Portugais en 1510. (apic/eda/pr)

26 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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