Après plusieurs dizaines d’années de préparation

Inde: Trois Eglises chrétiennes s’unissent dans une même communion

New Delhi, 22 juin 2004 (Apic) Après trois décennies de discussion, trois des plus grandes Eglises chrétiennes en Inde ont finalement établi entre elles des liens de communion étroite, indique «Eglises d’Asie» dans son dernier bulletin La nouvelle «Communion des Eglises en Inde» rassemble l’Eglise du Nord de l’Inde (CNI), l’Eglise du Sud de l’Inde (CSI) ainsi que l’Eglise Mar Thoma. Elles viennent de tenir la première réunion de leur comité exécutif, à l’issue de laquelle a été publié un «programme d’action pour le futur».

Les trois Eglises réunies aujourd’hui sont, en fait, d’origine assez diverses. L’Eglise Mar Thoma est une Eglise syrienne se réclamant directement de l’évangélisation de saint Thomas, déjà en communion avec l’Eglise anglicane. L’Eglise du Sud de l’Inde s’est formée en 1947 à partir de l’union de quelques Eglises protestantes. L’Eglise du Nord de l’Inde qui date de 1970 est issue d’un regroupement similaire.

Au cours d’une conférence de presse, les membres du nouveau bureau, composé des principaux responsables des trois Eglises membres, se sont dit prêts à accueillir toutes les Eglises qui souhaitent se joindre à celles qui ont déjà fusionné. Au total, la Communion des Eglises en Inde regroupe 5,5 millions de chrétiens sur un total de 24 millions dans le pays. Parmi eux, on compte environ 16 millions de catholiques. La communauté chrétienne ne constitue qu’une petite minorité au sein d’une population d’un milliard d’habitants dont 83 % adhèrent à l’hindouisme.

Le programme d’action affirme que cette nouvelle communion vise à offrir un organe commun aux différentes Eglises et aider celles-ci à traiter des problèmes qui les concernent et quelquefois les menacent. «Cette communion, est-il dit, constituera un front commun qui aidera les chrétiens à faire face aux défis qui leur sont lancés et à traiter des problèmes de justice et de paix». Chaque Eglise membre de la communion accepte en outre les lectionnaires, la liturgie, le rituel, les croyances et les pratiques des deux autres.

Compétences

Selon le secrétaire général de la CNI, le révérend Eno Das Pradhan, le nouvel organisme aidera les Eglises à adopter une vision commune tout aussi bien dans le domaine des activités que dans celui des objectifs. Mgr James Terom, représentant du CNI dans le Comité exécutif de la nouvelle communion, précise toutefois que l’union des trois Eglises n’entraînera pas de changement majeur au sein de chacune d’elles. Seul un programme commun minimal sera exigé d’elles afin que l’unité soit visible à travers leur ministère.

La nouvelle communion se chargera particulièrement des démarches auprès des autorités locales et fédérales pour tout ce qui concerne la sécurité des chrétiens, les projets de développement social et l’éducation des pauvres. Les responsables des Eglises ont rappelé que les trois Eglises ont déjà travaillé ensemble à des projets sociaux, au cours des cinq années passées, comme, par exemple, la construction de maisons pour les victimes d’inondations dans l’Etat de l’Orissa ou encore les victimes du tremblement de terre au Gujarat.

Programme d’action

Les premiers dialogues en vue d’une éventuelle communion entre les trois Eglises ont débuté dans les années 1970. A cette époque, ils se limitaient encore à un échange de discours théologiques. Plus tard un Conseil associé fut créé et, à partir de 1978, les Eglises s’orientèrent véritablement vers une association. C’est le 10 mars à Kochi que fut déclarée la communion et que fut fixée au 27 mai la date de la première réunion du bureau exécutif qui devrait se réunir au moins deux fois tous les ans.

Le programme d’action publié à l’issue de la première session commune de ces Eglises lance encore un certain nombre d’appels et énumère des objectifs. La nouvelle communion appelle notamment le gouvernement à édifier un système social laïque et démocratique, à exalter l’harmonie interreligieuse. La communion nouvellement créée assure également son soutien aux femmes et aux enfants. Elle assure de sa collaboration tous les groupements travaillant à l’éradication de la pauvreté, de la corruption, du trafic d’êtres vivants, de l’épidémie du sida. (apic/eda/pr)

22 juin 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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