Des motifs pécuniaires et ethniques
Inde: Trois religieux salésiens assassinés par des militants armés
Imphal, 16 mai 2001 (APIC) Trois religieux salésiens – deux prêtres et un séminariste – ont été assassinés le 15 mai à Ngarian Hills, une localité située à 220 km d’Imphal, capitale de l’Etat indien du Manipur, au nord-est du pays, près de la frontière birmane. Ils ont été abattus par des membres d’un des groupes armés qui luttent pour l’autodétermination du Manipur, annonce mercredi 16 mai «Eglises d’Asie», l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris.
Les menaces de mort qui pesaient sur une partie du personnel religieux de la région ont été mises à exécution. L’attaque s’est produite à la nuit tombée, au noviciat de la province salésienne de Dimapur, qui couvre les Etats du Manipur et du Nagaland. Les victimes sont tous trois des Salésiens de Don Bosco, une congrégation qui dirige huit écoles dans la région.
D’après Don Jonas Kerketta, vicaire de la province salésienne de Dimapur, deux jeunes hommes armés de fusils automatiques sont entrés de force au noviciat salésien de Imphal. L’assassinat aurait une raison pécuniaire et ethnique: les tueurs ont en effet demandé à l’administrateur du noviciat, Don Andreas Kindo, un prêtre de 32 ans, de leur remettre de l’argent. Un des guérilleros a reçu 30’000 roupies, l’équivalent de 640 dollars américains, somme jugée insuffisante.
L’homme armé a alors exigé de voir un autre prêtre responsable, Don Raphaël Paliakara, le maître des novices, âgé de 43 ans. Don Paliakara a été sommé de leur remettre tous les novices appartenant à la tribu des Naga. Devant son refus catégorique, ils ont tiré sur lui de sang froid, puis ont abattu le Père Kindo qui tentait de le protéger. Joseph Shinu, un séminariste de 25 ans, entendant les coups de feu, est sorti précipitamment de la maison et a été immédiatement fauché par une rafale. Les deux assassins se sont enfuis aussitôt.
D’après le Père Dominic Lumon, vicaire général de l’archidiocèse d’Imphal, l’attaque est sans doute imputable aux guérilleros indépendantistes qui luttent depuis de nombreuses années pour l’autodétermination du Manipur.
Les écoles catholiques visées par l’»impôt révolutionnaire»
Pour financer leur lutte armée, ces groupes clandestins lèvent un «impôt révolutionnaire» auprès de la population. Les écoles catholiques de la région sont particulièrement visées. Au cours des dix dernières années, trois prêtres au moins ont trouvé la mort et plusieurs autres ont été violemment agressés pour avoir refusé cette extorsion de fonds. Ces derniers mois, la situation a empiré pour les missionnaires et le personnel des écoles catholiques de l’Etat du Manipur. Certains d’entre eux ont déjà abandonné leurs postes face aux menaces de mort lancées contre ceux qui refusent de payer.
Don Thomas Mulayinkal, inspecteur provincial salésien pour le territoire, a déclaré qu’il régnait dans la région un climat de terreur provoqué par les exactions des groupes de militants armés. Don Mulayinkal a annoncé la fermeture de toutes les écoles salésiennes pour plus d’un mois. Les violences au Manipur ont fait d’autres victimes dernièrement: le 2 décembre 2000, le Père Shajan Jacob Chittinapilly, prêtre diocésain et directeur d’une école, a été assassiné, et, au mois de février, un autre prêtre, qui avait été menacé de mort, a échappé à un attentat. Les funérailles des trois victimes sont prévues le jeudi 17 mai à Dimapur, siège de la province salésienne. (apic/eda/fides/be)




