Les personnes défavorisées en profitent

Inde: Une entreprise chrétienne fabrique des médicaments bon marché

Chennai, 7 juillet 2004 (Apic) Produire des médicamenta à meilleur prix, c’est possible. Surtout si c’est pour la bonne cause: favoriser les plus démunis. Et comme ils sont légions en Inde. Une entreprise gérée par une association d’Eglises chrétiennes fabrique en effet dans ce pays des médicaments bon marché pour les personnes défavorisées. Ce qui ne plaît pas à tout le monde. Mais l’entreprise poursuit son chemin, insensible aux pressions.

Alors que sur le marché, une plaquette de dix comprimés de Nifedipine, médicament administré en cas d’hypertension, coûte l’équivalent de 1,40 euro en Inde, une fabrique de produits pharmaceutiques gérée par l’Association de service des Eglises (ICSA) fournit le même produit pour le cinquième du prix aux hôpitaux gouvernementaux et aux services caritatifs.

«Nous produisons des médicament essentiels de haute qualité et les vendons au prix coûtant afin de les rendre accessibles aux couches les plus défavorisées de la société», a déclaré Moses P. Manohar, directeur de l’Association de service des Eglises (ICSA), responsable de la fondation qui gère la fabrique.

Cette entreprise de Chennai, capitale de l’Etat du Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde, est enregistrée sous le nom de CMSI (Comprehensive Medical Services India) et produit environ 60 médicaments pour répondre aux soins de santé primaires des personnes défavorisées.

Le prix des médicaments produits par CMSI est beaucoup moins élevé que celui des médicaments identiques produits par les compagnies pharmaceutiques, fait remarquer Moses Manohar.

«Notre objectif est le patient et non le médecin ou l’hôpital», a-t- il expliqué à l’Agence oecuménique ENI, qui rapporte la nouvelle. «Aussi nous produisons seulement les médicaments essentiels pour les maladies comme la tuberculose, la lèpre, l’asthme, la tension artérielle et les maladies cardiaques».

La fabrique a été fondée en 1988. Une vingtaine de personnes travaillant dans cette usine complètement automatisée à Manapakkam – une banlieue de Chennai – produisent environ 40 millions de comprimés et de sirops par année.

Le fruit d’un rêve

«Nous avons commencé ce projet avec pour objectif la distribution de médicaments essentiels de qualité à un prix plus bas», a déclaré A. K. Tharien, président du conseil d’administration de CMSI et l’un des fondateurs de la fabrique, unique en son genre.

L’idée de mettre en place une telle entreprise est le fruit du rêve, à la fin des années 80, de médecins et de directeurs de collèges chrétiens. «Nous sommes très heureux des progrès que nous avons réalisés à ce jour», se réjouit Tharien.

Environ un millier d’hôpitaux, entre autres certains gérés par des hindous et des musulmans, commandent régulièrement des médicaments produits à la fabrique. Le réseau de Leprosy Mission India et Emmanuel Hospital Association, qui regroupe des hôpitaux gérés par la Communauté évangélique de l’Inde, ainsi que le gouvernement de l’Etat du Tamil Nadu, commandent des médicaments en gros. Ce qui aide. «Nous essayons de garder un coût de production minimum pour réduire les prix. Contrairement aux compagnies pharmaceutiques, nous ne dépensons pas un sou pour commercialiser les médicaments alors que ceci coûte cher pour elles «, déclare A. K. Tharien. «C’est le secret de notre succès».

Strict contrôle

En dépit des pressions pour faire baisser les prix, CMSI exerce un contrôle strict sur la qualité des produits comme le spécifie l’Organisation mondiale de la santé. «Depuis l’achat des matières premières jusqu’à la date d’expiration des médicaments, nous exerçons un contrôle strict sur la qualité», affirme le directeur général de CMSI, Nagamani Mahatvaraj.

Le gouvernement fédéral indien a accordé l’autorisation de produire des médicaments pour le traitement du sida. CMSI s’emploie actuellement à fabriquer des médicaments antirétroviraux.

«Nous avons déjà demandé la licence pour produire ces médicaments et nos machines vont être adaptées pour cela», a confirmé Moses Manohar, en ajoutant que la fabrique espère produire ces médicaments à un taux bien plus bas que les grandes compagnies pharmaceutiques. (apic/eni/pr)

8 juillet 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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