Accès désormais possible pour les nécessiteux

Inde: Une société chrétienne lance des médicaments bon marché pour les malades du sida

New Delhi, 10 novembre 2005 (Apic) Une entreprise pharmaceutique indienne, gérée par des chrétiens, a lancé la production de médicaments pour le traitement du sida, en vue d’aider les personnes nécessiteuses qui n’y avaient pas accès. Ces médicaments sont destinés à prolonger la vie des personnes affectées par le vih, dont le nombre ne cesse de croître dans le deuxième pays le plus peuplé du monde.

La société pharmaceutique, non lucrative et enregistrée sous le nom de CMSI (Comprehensive Medical Services India), gérée par l’Association de service des Eglises (ICSA), vient de présenter ses premiers médicaments antirétroviraux à Chennai.

Le lancement a eu lieu en présence de professionnels de la santé de l’Eglise, entre autres le Dr Jane Masiga, du Réseau pharmaceutique oecuménique. Il a remercié l’ICSA d’avoir lancé la production de tels médicaments à un prix accessible aux patients pauvres.

Le nombre de personnes touchées par le sida en Inde explose, a déclaré à l’agence oecuménique ENI Moses Manohar, directeur d’ICSA. «La plupart d’entre elles sont pauvres et ne peuvent acheter les médicaments coûteux disponibles sur le marché. C’est pourquoi nous avons décidé de nous lancer dans ce domaine.»

Bientôt le pays le plus touché par le sida

Selon les données du gouvernement indien, le pays compte 5,13 millions de personnes touchées par le vih/sida, mais des organisations non gouvernementales et des experts de la santé affirment que ce chiffre est beaucoup plus élevé. L’Inde pourrait bientôt devenir le pays ayant le plus grand nombre de personnes affectées par le sida.

Une plaquette de 10 comprimés antirétroviraux de Nevirapine est vendue au prix de 135-158 roupies (de 2,5 à 2,9 euros) par les pharmacies indiennes, mais Moses Manohar a précisé que l’ICSA la vendra au prix de 59 roupies (environ1,1 euro). De même le comprimé de Zidovudine qui est normalement vendu sur le marché entre 153 et 180 roupies, sera obtenu auprès de l’ICSA pour 109 roupies.

Des médicaments pour des maladies comme la lèpre, le paludisme et la tuberculose

«Notre objectif est faire en sorte que les patients pauvres aient une plus grande chance de vivre s’ils peuvent obtenir les médicaments à un taux réduit», a affirmé M. Manohar. Dans le passé, les hôpitaux missionnaires ne pouvaient pas distribuer gratuitement les médicaments antirétroviraux car ils étaient très chers.

Avec le lancement de médicaments moins coûteux, les hôpitaux et autres institutions de bienfaisance qui commandent de grandes quantités de médicaments à l’ICSA pourraient commencer la distribution de médicaments aux nécessiteux.

L’ICSA, qui produit de façon complètement automatisée les médicaments conformément aux normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fabrique des médicaments essentiels pour un montant d’environ 17 millions de roupies (environ 320’000 euros) par an. Ils permettent de traiter des maladies comme la lèpre, le paludisme et la tuberculose. Elle les vend à environ la moitié du prix du marché en traitant directement avec les hôpitaux et en évitant ainsi les intermédiaires qui prennent d’importantes commissions. (apic/eni/be)

10 novembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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