Des centaines de familles sans abri et sans soutien
Inde: Violences antichrétiennes dans l’Etat de l’Orissa
Bamunigan, 31 janvier 2008 (Apic) De nombreux membres de la minorité chrétienne du district de Kandhamal, dans l’Etat indien de l’Orissa, qui ont vu leurs lieux de culte détruits par des nationalistes hindous ultra, se retrouvent sans abri. Mais derrière les causes religieuses se profilent aussi l’exploitation des inégalités économiques et le jeu des castes. La région est toujours sous couvre-feu, inaccessibles aux journalistes étrangers.
Ayant passé de l’hindouisme au christianisme, la minorité chrétienne du district de Kandhamal est constituée pour la plupart de clans tribaux de la forêt et de gens de basse caste (intouchables, ou dalits). Après les actes de violence de radicaux nationalistes hindous pendant la période de Noël 2007, visant éradiquer la christianisme dans la région, les chrétiens se sont retrouvés sans abri. Selon un journaliste de BBCnews, le district où se sont déroulées les violences, toujours sous couvre-feu, est inaccessibles aux journalistes étrangers.
Le Père Ravi Samasundar se tient au milieu des ruines de son église, dans la ville de Bamunigan: «Ils ont amené de l’huile, du kérosène, ont empilé ce qu’ils ont trouvé et ont mis le feu à l’église. A l’intérieur de la forêt profonde où vit cette minorité, cette scène s’est répétée de nombreuses fois.
Les indigènes convertis veulent le droit à l’éducation
Eglises pillées, villages entiers rasés, avec leurs habitants forcés de fuir dans la forêt, la vague de violence qui a commencé à la veille de Noël 2007, est éteinte mais les conséquences sont bien là. Les gens vivent dans les débris de leurs maisons, ils ont souvent tout perdu. Les années de relative coexistence pacifique entre les communautés tribales ont volé en éclat
Les activistes hindous accusent la communauté locale chrétienne de faire des «demandes irraisonnables», comme par exemple «l’exigence que leurs droits au travail soient garantis de la même façon qu’aux hindous ainsi qu’une éducation donnée aux indigènes de basse caste et aux communautés tribales de la forêt.
Un problème religieux mais aussi social
Selon l’éditeur de Rashtra Deepa, un journal en langue locale Oriya qui reflète les vues extrémistes des hindous nationalistes de la région, les causes ne sont pas seulement religieuses. «Les politiciens et les partis n’ont rien a voir avec ce qui se passe. Il s’agit d’un problème social». Des familles hindoues ont elles aussi été molestées par une foule de «chrétiens tribaux» dans le village de Gadapur , selon le journaliste de BBCnews cité.
L’aide du gouvernement local est limitée, quelques tentes, quelques abris en plastique, de la nourriture. Cependant, les ONG et les organisations d’Eglise ont été priées de ne pas offrir d’assistance directe à ces indigènes, déjà très pauvres. La raison officielle en est qu en aidant cette communauté plutôt qu’une autre, cela pourrait provoquer d’autres violences.
Le conflit est focalisé sur la religion, mais les causes profondes sont économiques et politiques, déclare pour sa part un collaborateur d’une ONG locale, Kailash Chandra Dandpath. Elles sont liées aux prêts à usure que les organisations nationalistes font aux plus pauvres dans les communautés tribales et parmi les dalits. Ce qui ruine des familles entières. C’est un système d’exploitation largement répandu en Inde, remarque-t-il (apic/bbcnews/vb)



