Le Conseil des Eglises demande au gouvernement d’intervenir

Inde: Violences dans l’Etat du Gujarat contre la minorité chrétienne

Nagpur, 6 janvier 1999 (APIC) Le Conseil national des Eglises de l’Inde a vigoureusement condamné les actes de violence commis durant la période de Noël contre des églises et des chrétiens. Le Conseil demande au gouvernement de protéger la minorité chrétienne du pays.

De violents incidents ont éclaté dans la région dans l’Etat du Gujarat, au Nord-Ouest de l’Inde, juste avant Noël: des églises et des biens appartenant à des chrétiens ont été brûlés, des prêtres et des pasteurs attaqués. Selon le Conseil national des Eglises de l’Inde, l’un des incidents les plus graves a eu lieu dans le village de Vaki ou une foule déchaînée de 500 personnes armées a attaqué une église et pillé les magasins du quartier. Au moins sept personnes ont été blessées par balles et conduites à l’hôpital.

Le Conseil national des Eglises de l’Inde, dont le siège est à Nagpur, accuse le Sangh Parivar, réseau de groupes nationalistes hindous comprenant entre autres le Bharatiya Janata Party (BJP, parti de la droite nationaliste hindoue, qui dirige la coalition gouvernementale et le gouvernement de l’Etat du Gujarat), d’être à l’origine de ces violences.

D’après l’agence de presse indienne PTI, 29 attaques de militants hindous visant des chrétiens ou contre des institutions chrétiennes ont été enregistrées depuis Noël. Une foule excitée de fanatiques hindous a ainsi incendié ces jours derniers deux nouvelles églises chrétiennes dans l’Etat du Gujarat, au nord-ouest de l’Inde, rapportait dimanche la presse dominicale indienne. 120 personnes ont entre-temps été arrêtées pour ces agressions contre les membres de la minorité chrétienne (2,4% sur plus de 950 millions d’Indiens, à 80% hindous) qui se déroulent dans un climat chauffé à blanc par des organisations extrémistes hindoues comme le «Vishwa Hindu Parishad» (VHP) ou le Bajrang Dal. Particulièrement visées: les communautés chrétiennes des Etats du Gujarat et du Karnataka.

Selon le Conseil chrétien, la violence qui a éclaté durant la semaine de Noël montre «l’échec du gouvernement du Gujarat à garantir l’ordre et le respect de la loi et son incapacité à protéger la sécurité de ses citoyens et leurs biens, en particulier des membres des communautés minoritaires».

Ces violences ont fait suite aux attaques vigoureuses lancées contre le christianisme par Ashok Singhal, secrétaire général du Vishwa Hindu Parishad (VHP – Conseil hindou mondial), lié lui aussi au Sangh Parivar. Il a accusé les missionnaires chrétiens de convertir des populations tribales par la force et Mère Teresa, la missionnaire catholique décédée en 1997, d’avoir fait partie d’une conspiration chrétienne contre l’hindouisme.

La faute à personne

Ashok Singhal et le gouvernement du BJP au Gujarat ont nié tout implication dans les attaques perpétrées contre les églises. Mais, affirme le Conseil national des Eglises de l’Inde, «il est clair que les attaques contre les églises et les institutions gérées par les chrétiens ont été provoquées, dirigées et perpétrées par le Sangh Parivar du BJP.»

Le premier ministre de l’Inde, Atal Behari Vajpayee, membre du BJP, s’est distancié du VHP en précisant que «tous les citoyens, sans distinction de religion, de caste, ou de région, ont droit à la sécurité». Par ailleurs, il a affirmé que son gouvernement ne tolérerait aucune autre attaque contre des chrétiens.

Ces propos n’ont en rien rassuré le Conseil des Eglises: «La minorité chrétienne, dit-il, n’est pas satisfaite des actions entreprises à ce jour» Il se demande si le BJP, actuellement au pouvoir, pourra un jour traduire les coupables en justice puisque la majorité d’entre eux font partie du Sangh Parivar. (apic/eni/pr)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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