L’ONU interroge l’Inde sur les suites judiciaires

Inde: Viols multiples de musulmanes perpétrés en 2002 au Gujarat

New Delhi, 29 décembre 2003 (Apic) Les Nations Unies ont demandé à l’Inde d’enquêter sur les mesures de justice prises dans les cas de femmes musulmanes violées au Gujarat en 2002. La demande de L’ONU fait suite à un rapport de groupes communautaires indiens, dénonçant l’absence de suites judiciaires à ces événements.

La demande de l’ONU fait suite à un rapport publié le 16 avril 2002 par six femmes indiennes, mandatées par des groupes communautaires d’Ahmedabad, capitale du Gujarat, au nord-ouest de l’Inde, pour enquêter et recueillir sur place des témoignages sur les atrocités commises contre les femmes de la minorité musulmane du Gujarat.

Le rapport a enquêté sur les événements survenus entre le 28 février et le 3 mars 2002, où une foule de plusieurs milliers de membres d’un mouvement extrémiste hindouiste (RSS) a envahi la capitale du Gujarat. Les émeutiers s’en sont pris aux familles musulmanes, préalablement recensées. Femmes et enfants ont été violés, maisons commerces et mosquées incendiés. Suite au massacre, plusieurs dizaines de milliers de réfugiés ont été réunis dans des camps de fortune. Parmi les survivantes, les réfugiées auraient en outre subi différentes formes d’agression sexuelle, dans les camps.

Lors d’une conférence d’information sur ces événements, donnée à Montréal, en septembre 2002, l’une des six rédactrices du rapport, Syeda Hameed, a déclaré que «les femmes sont avant tout la cible de ces violences». Elle a ajouté que la majorité des victimes de viols ont été brûlées vives. Le rapport des femmes qui ont enquêté au Gujarat met en avant la complicité de la police d’Etat et de la police locale, qui n’auraient rien fait pour protéger ces musulmanes. L’armée, elle, n’étant intervenue que 5 à 6 jours plus tard.

Montée en puissance du mouvement nationaliste hindou

Ces violences s’inscrivent dans le contexte des conflits ethno-religieux qui ensanglantent la région entre communautés hindoue et musulmane. La montée en puissance aux dernières élections de décembre 2003 du mouvement nationaliste hindou dans la région n’est pas faite pour apaiser les tensions. Les observateurs craignent que les minorités soient forcées à l’avenir de s’assimiler à la religion d’Etat.

Relayant les travaux de Syeda Hameed et des autres enquêtrices, plusieurs intellectuelles et professeurs aux Etats-Unis, en Allemagne, au Sri Lanka, en Algérie, en Grande Bretagne, en Hollande. ont exprimé leurs craintes sur le silence de la communauté internationale à propos de ces «crimes contre l’humanité perpétués par des hindous revivalistes», rapporte l’»Hindustan Times» du 27 décembre. L’une d’entre elles, la professeur Uma Chakarvari a déclaré au «Daily Times» que «les Nations Unies avait pris note du rapport des enquêtrices et avaient demandé un état des faits au gouvernement indien».

Elle a ajouté que «des preuves permettent de conclure que presque deux ans après les massacres, les violences continuent dans des formes différentes et effrayantes»

Le rapport des femmes avait aussi critiqué l’absence de mécanismes institutionnels au Gujarat pour tenter d’obtenir justice. (bbc/hindustantimes/sysiphe.org/apic/vb)

Rome: Don de «Cor Unum» aux victimes du séisme en Iran

Son président, Mgr Cordes, pourrait se rendre sur place

Rome, 29 décembre 2003 (Apic) Le pape Jean Paul a fait parvenir un don financier dont le montant n’a pas été divulgué en faveur de la population victime du tremblement de terre en Iran qui a causé la mort de plus de 25’000 personnes selon les derniers bilans.

Un voyage sur place du président du Conseil pontifical «Cor Unum» est à l’étude, a-t-on affirmé à I’Apic.

Chargé de coordonner les aides financières du pape pour les calamités naturelles dans le monde, le Conseil pontifical «Cor Unum», présidé par l’archevêque allemand Paul Josef Cordes, vient de faire parvenir à l’Eglise iranienne «un signe concret de solidarité». Si le montant exact n’est pas encore public, il le sera au printemps 2004, lors de la présentation du récapitulatif des sommes versées en 2003 au nom du pape aux populations démunies.

Sur les 77’000 dollars octroyés en 2002 par le Conseil pontifical «Cor Unum» aux populations victimes de séismes, l’Iran a déjà bénéficié d’une aide concrète, tout comme l’Afghanistan, l’Equateur ou encore la Georgie.

Chaque année, cet organisme du Saint-Siège redistribue ainsi les dons faits à Jean Paul II aux pays confrontés à des calamités naturelles comme les tremblements de terre, mais aussi la sécheresse et les inondations, ou encore les déplacements de réfugiés, suite à des conflits ethniques ou des guerres.

La Caritas Internationalis a par ailleurs immédiatement envoyé une personne en Iran pour faire parvenir des premières aides à la Caritas locale. Des contacts ont en outre eu lieu avec le nonce apostolique et l’Eglise locale pour un éventuel voyage du président de Cor Unum en Iran en janvier. (apic/imedia/pr)

29 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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