Lagos: Le Nigeria dénonce l’appel de Kadhafi à la scission du pays sur une base religieuse

Indignation généralisée dans le pays

Lagos, 22 mars 2010 (Apic) Les responsables politiques et religieux du Nigeria se disent indignés par l’appel du président libyen Mouammar Kadhafi sur la partition du pays le plus peuplé d’Afrique en deux Etats, un pour les chrétiens et l’autre pour les musulmans.
Le Nigeria a indiqué le 19 mars qu’il rappelait son ambassadeur en Libye pour consultation, soulignant que les propos de Kadhafi étaient insensibles et irresponsables.

Le 17 mars, Mouammar Kadhafi a déclaré que la partition avait sauvé de nombreuses vies en Inde et au Pakistan. Il a affirmé que la scission du Nigeria en deux «mettrait fin aux carnages et aux incendies de lieux de culte».

Le président libyen a tenu ses propos dans un discours adressé aux étudiants, repris par l’agence de presse d’Etat libyenne Jana. «Les populations musulmane et chrétienne de ce pays n’ont montré aucune signe laissant penser qu’ils ne peuvent pas coexister pacifiquement», a déclaré le pasteur Ola Makinde, de l’Eglise méthodiste du Nigeria.

Pour le pasteur John Hayab, porte-parole de l’Association chrétienne du Nigeria dans le Nord du Nigeria, il ne faut pas tenir compte des élucubrations de Kadhafi. Rappelant combien l’ancien président de l’Union africaine soutient le terrorisme d’Etat à travers le monde.

L’Ahmadiyya Muslim Jama’at au Nigeria a qualifié les propos de Kadhafi de déplacés, ajoutant que le Nigeria avait besoin d’un véritable fédéralisme.

Les violences récurrentes qui se produisent dans la région de Jos, dans le centre du Nigeria, constituent, d’après Mouammar Kaddhafi, «un profond conflit de nature religieuse», causé par l’Etat fédéral, «qui a été constitué et imposé par les Britanniques en dépit de la résistance que lui opposait le peuple.»

Les 149 millions d’habitants du Nigeria sont divisés quasi équitablement entre chrétiens et musulmans. Ce pays d’Afrique de l’Ouest a connu par le passé des affrontements motivés par le sectarisme, qui ont entraîné la mort d’un grand nombre de personnes et causé la destruction par le feu de nombreux biens.

Jos, capitale de l’Etat du Plateau, a connu cette année trois affrontements religieux et ethniques ayant causé la mort de centaines de personnes.

Le pasteur Makinde estime qu’il est cynique de penser qu’une partition puisse résoudre une crise ethno-religieuse alors qu’une série d’attaques a été lancée contre des fidèles musulmans «par d’autres musulmans, extrémistes». (apic/eni/pr)

22 mars 2010 | 16:36
par webmaster@kath.ch
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