La violence de la nature a-t-elle mis fin à la violence des hommes?

Indonésie: Après le tsunami qui a dévasté l’Asie, la paix semble s’installer à Aceh

Banda Aceh, 19 décembre 2005 (Apic) Un an après la catastrophe tu tsunami qui s’est abattue également sur Aceh, faisant dans cette seule province indonésienne presque 170’000 morts, la paix semble s’installer dans la région.

Selon l’Agence oecuménique ENI, qui cite des observateurs la violence de la nature semble aussi avoir endigué la guerre civile qui déchire cette région depuis 30 ans et en a fait l’une des zones les plus militarisées au monde.

Alors que personne n’ose parler d’un «effet positif» du tsunami du 26 décembre, certains estiment en effet 0que s’il y a eu une seule bonne chose dans cette terrible tragédie, c’est une forme de paix qui, au dire de tous, s’est installée dans cette région

autrefois déchirée par la guerre civile.

«Pour l’amour d’Aceh, les habitants ont accepté de poser les armes», a commenté Muhammad Redhammarta, un jeune de 23 ans, qui travaille pour l’organisation de secours et de développement indonésienne Mamamia, en accompagnant un groupe d’humanitaires en visite dans plusieurs villages de la province.

Pendant trente ans, Aceh – qui se trouve à l’extrême Nord de Sumatra et à l’extrême Ouest de l’Indonésie – a été déchirée par un conflit entre le gouvernement indonésien et le Mouvement indépendantiste Aceh libre (GAM, en indonésien).

Les rebelles, qui s’estimaient négligés par le gouvernement central, réclamaient l’indépendance pour Aceh. Le gouvernement, qui craignait de perdre une région stratégiquement importante et riche en ressources, a réagi en recourant à la force militaire.

Prudence, prudence

Il s’ensuivit 29 années de conflit civil qui a fait 15’000 morts et durant lequel les violations des droits se sont multipliées. Après le tsunami, des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées, même si beaucoup disent avoir déjà connu cette expérience à cause de la guerre.

L’ampleur de la catastrophe de décembre 2004 a entraîné un changement fondamental, au sien même des rebelles, mais aussi de la part du gouvernement, les obligeant à déposer les armes et à concentrer leurs efforts et leur énergie à la reconstruction d’Aceh.

Un accord de cessez-le-feu conclu en août a été accueilli avec prudence par les deux parties. D’autres accords dans le passé qui n’ont pas tenu longtemps.

Armes déposées

Les rebelles indépendantistes du Mouvement Aceh libre (GAM) viennent pourtant de restituer leurs dernières armes conformément à l’accord de paix signé avec le gouvernement indonésien, a annoncé la mission internationale d’observation de la paix.

Selon le protocole d’accord de paix signé le 15 août à Helsinki, les combattants séparatistes amnistiés devaient remettre aux observateurs internationaux 840 armes. Ce nombre a été atteint lundi, en présence de la mission d’observation de la paix à Aceh (AMM). De son côté Jakarta doit rapatrier ses forces de sécurité habituellement postées en dehors d’Aceh. Ce processus doit être achevé avant fin décembre. L’accord d’Helsinki est censé mettre un terme à une guerre qui a fait une quinzaine de milliers de morts depuis 1976. (apic/eni/ag/pr)

19 décembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!