Craintes des pays voisins
Indonésie: Des groupes liés à Al-Qaïda désormais actifs à Banda Aceh ?
Banda Aceh, 10 janvier 2005 (Apic) L’installation dans la région dévastée de Banda Aceh, en Indonésie, de groupes islamistes extrémistes comme «Laskar Mujahidin» et «Laskar Jihad» inquiète les pays voisins. Ces militants, note le quotidien thaïlandais «Bangkok Post» du lundi 10 janvier, seraient en lien avec le mouvement Al-Qaïda d’Oussama Ben Laden. Ils pourraient s’en prendre aux troupes américaines et australiennes qui portent secours aux victimes du tsunami.
Fondé en janvier 2000 dans le sillage des affrontements entre musulmans et chrétiens dans les Moluques, le Laskar Jihad est la branche paramilitaire du Forum de communication des fidèles de la Sunnah, le «Forum Komunikasi Ahlus Sunnah wal Jamaah». Certains cadres de ce mouvement ont participé dans les années 1980 aux «Brigades islamiques internationales» qui ont combattu les troupes soviétiques en Afghanistan. Les militants islamistes auraient des liens avérés avec des secteurs de l’armée indonésienne. Le Laskar Jihad réclame l’application de la loi islamique pour les musulmans.
Le groupe radical «Laskar Mujahidin» a pour sa part installé un camp d’aide aux réfugiés du séisme dans la province d’Aceh, sur l’île de Sumatra, ravagée par le tremblement de terre suivi du tsunami le 26 décembre. A l’entrée de leur camp, les islamistes ont écrit en anglais «Mise en vigueur de la loi islamique». Outre la collecte des cadavres et la distribution de la nourriture, les militants dispensent leur doctrine islamique aux sinistrés qui ont trouvé refuge auprès d’eux.
Les militants islamistes thaïlandais également dans le collimateur
L’éditorialiste du «Bangkok Post», louant le travail des groupes étrangers venus en aide aux victimes du raz de marée, met toutefois en garde contre ce mouvement extrémiste. La présence de ses militants devrait inquiéter tout le monde, écrit-il, notamment parce qu’ils se consacrent à surveiller les étrangers qui pourraient violer les lois islamiques, mais également pour leurs violences anti-chrétiennes dans plusieurs provinces indonésiennes, leur soutien public au terrorisme en Indonésie et ailleurs, et leur rôle dans les manifestations anti-américaines et plus généralement anti-étrangers à Jakarta et dans d’autres grandes villes.
Le journal met également en garde contre les militants islamistes thaïlandais venus de l’extrême sud du pays qui donnent de l’argent aux victimes du tsunami tout en critiquant l’action gouvernementale. (apic/bp/be)



