La Cour suprême d’Indonésie confirme la sentence

Indonésie: Exécution imminente pour les trois catholiques condamnés à mort

Djakarta, 6 avril 2006 Le 6 avril, à Djakarta, La Cour suprême d’Indonésie a rejeté jeudi 6 avril à Djakarta une demande de réouverture du procès des trois catholiques condamnés à mort par un tribunal de la province de Célèbes-Centre en 2001, rapporte jeudi Eglises d’Asie.

Le président de la Cour, Bagir Manan, a déclaré que la peine de mort «est définitive» et que «le sort des trois condamnés n’est plus entre nos mains». L’avant-veille, 4 avril, le procureur général d’Indonésie, Abdul Rahman Saleh, avait indiqué que l’exécution des trois hommes aurait sans doute lieu dans le courant du mois. La veille, de hauts responsables de l’appareil judiciaire s’étaient réunis à Palu, à Célèbes-Centre, pour discuter avec les autorités provinciales des modalités de l’exécution. Cette succession de nouvelles a suscité l’indignation des milieux qui sont mobilisés, depuis plusieurs mois, pour obtenir la révision du procès ayant abouti à la condamnation à mort des trois catholiques. En mars dernier, le pape Benoît XVI avait envoyé un message de compassion aux trois hommes.

Fabianus Tibo, 60 ans, Marianus Riwu, 54 ans, et Dominggus da Silva, 43 ans, ont été condamnés à mort en avril 2001 par le tribunal de district de Palu, dans la province de Célèbes-Centre. Leur peine a été confirmée la même année par la haute cour de la province, puis par la Cour suprême. Ils ont été déclarés coupables d’assassinats et d’incitations à l’émeute au moment des violences interethniques et confessionnelles qui ont eu lieu en mai 2000 à Poso, dans la province de Célèbes-Centre, et ont fait près de 200 morts, principalement musulmans. Depuis le début de l’année 2006, des avocats se sont mobilisés pour obtenir la révision du procès, estimant que de nouveaux témoignages venaient innocenter les trois condamnés.

Selon Stefanus Roy Rening, coordinateur du collectif d’avocats qui s’est saisi de l’affaire, la police connaît les noms des seize personnes qui seraient les véritables responsables des émeutes sanglantes pour lesquels les trois catholiques ont été condamnés, mais «les juges des tribunaux des diverses instances ainsi que ceux de la Cour suprême n’ont pas tenu compte de ces éléments». Un nouveau recours en grâce a été déposé auprès de la présidence de la République et reste le seul espoir des trois condamnés.

Jusqu’au peloton d’exécution

D’après Stefanus Roy Rening, des gens, chrétiens en majorité mais aussi des musulmans, se sont mobilisés en divers lieux du pays pour manifester leur soutien aux trois condamnés. A Tentena, le Père Jimmy Tumbelaka, curé de la paroisse Sainte-Thèrese de Poso, transférée à Tentena depuis la destruction de l’église paroissiale lors des émeutes intercommunautaires des années 1998-2001, dit apprécier le soutien manifesté par l’Eglise chrétienne de Célèbes-Centre aux trois condamnés. Originaires de Flores, les trois catholiques étaient venus s’installer dans la province de Célèbes-Centre, une région où, parmi les chrétiens, les protestants sont majoritaires.

Persuadé de l’innocence des trois hommes, le prêtre se dit certain que leur condamnation a été manigancée par certains groupes. Il ajoute qu’il rend régulièrement visite aux trois condamnés pour leur apporter réconfort et direction spirituelle. En cas d’exécution, il déclare que, «pour manifester [son] opposition», il refusera de les accompagner, comme le prévoit la loi, jusqu’au peloton d’exécution. (apic/eda/pr)

6 avril 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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