Le pays devant une cour internationale?
Indonésie: Le gouvernement doit répondre de l’exécution de trois catholiques
Jakarta, 18 octobre 2006 (Apic) Des avocats et des prêtres catholiques disent vouloir traîner l’Indonésie devant la Cour pénale internationale pour l’exécution, le mois dernier, de trois catholiques accusés d’avoir fait partie d’un bande impliqué dans le massacre de musulmans.
L’organisation interconfessionnelle indonésienne Service d’action pour la justice et la paix en Indonésie (PADMA) a estimé que ces exécutions étaient illégales et anticonstitutionnelles. Selon le PADMA, les accusés n’ont pas pu jouir de leur droit constitutionnel à un second appel à la clémence, ont été exécutés d’une «manière inhumaine et barbare», et n’ont pas été inhumés conformément à leurs croyances religieuses et à leurs souhaits.
«Nous préparons une action en justice auprès d’institutions internationales compétentes comme le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et la Cour pénale internationale,» a déclaré le Père Nobert Bethan, à l’origine de l’initiative.
Deux poids, deux mesures
Des avocats et des militants du PADMA s’étaient constitués pour représenter les trois hommes alors qu’ils étaient incarcérés. Les avocats protestent également contre le refus du gouvernement de transférer les corps des trois hommes dans une église locale où ils avaient demandé à être enterrés selon le rite catholique. L’un des hommes a été enterré sans cérémonie catholique et les corps des deux autres ont été inhumés dans un village reculé.
Ces trois hommes étaient accusés d’être les meneurs des bandes responsables du massacre de 200 musulmans pendant les violences ethniques qui ont frappé l’île de Célèbes en 2000. Environ 2’000 personnes ont été tuées pendant les trois années de violences communautaires dans l’île.
Des militants des droits de la personne ont fait remarquer qu’aucun musulman n’avait été exécuté pour les meurtres de chrétiens, même si certains ont été condamnés à de longues peines de prison. Les militants accusent l’Indonésie d’avoir exécuté les trois catholiques pour devancer les critiques des musulmans concernant l’exécution prévue de trois activistes islamiques accusés d’avoir organisé l’attentat à la bombe qui a tué 200 personnes dans une discothèque de l’île de Bali en 2002. (apic/eni/pr)



