L’action d’un petit nombre d’extrémistes dénoncée
Indonésie: Le WCC demande au gouvernement de rétablir la paix aux Moluques
Djakarta, 10mai 2004 (Apic) Le Conseil mondial des Eglises, (WCC), plus vaste expression du mouvement oecuménique dont l’objectif est l’unité des chrétiens, demande au gouvernement indonésien de rétablir la paix aux Moluques.
«Il est important que l’engagement» vers la réconciliation et le dialogue interreligieux dans l’archipel indonésien des Moluques «ne connaisse pas de déclin à cause de l’action d’un petit nombre d’extrémistes» des communautés musulmane et chrétienne, peut-on lire dans une lettre envoyée ces jours-ci à la présidente indonésienne Megawati Sukarnoputri par le WCC.
Préoccupé par les récentes violences à Ambon (chef-lieu des Moluques), où le 25 avril 33 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées, le WCC somme le gouvernement de Djakarta d’agir pour mettre fin aux violences, qui semblent s’être apaisées ces derniers jours.
Samuel Kobia, secrétaire général du WCC, qui réunit plus de 340 Eglises dans plus de 100 pays, évoque avec amertume la récente attaque perpétrée contre l’université chrétienne indonésienne, précisant que les salles sont complètement détruites, tout comme des collections de livres d’une valeur inestimable.
Dans un communiqué, le secrétaire général du WCC affirme que selon les informations en sa possession, «une grande partie des dégâts et des violences aurait pu être évitée si les forces de sécurité indonésiennes avaient fait preuve de plus de vigilance et avaient agi comme il se devait».
D’une même voix
Le WCC, indique l’Agence Misna à Rome, s’unit aux appels déjà lancés par Mgr Petrus Canisius Mandagi, évêque catholique d’Ambon, et par le modérateur de l’Eglise protestante des Moluques, Izak Hendriks, afin que l’exécutif de Djakarta intervienne au plus vite pour mettre fin aux désordres.
«Le gouvernement devrait soutenir l’oeuvre des Eglises et des mouvements de la société civile pour bâtir la paix et promouvoir le dialogue interreligieux» lit-on en conclusion de la note. Les affrontements déclenchés le 25 avril entre un petit mouvement séparatiste chrétien – non reconnu par l’Eglise locale – et des musulmans prônant l’unité de l’Indonésie ont rappelé aux habitants des Moluques la terreur du conflit de janvier 1999 au printemps 2002, soldé par des milliers de morts. (apic/misna/pr)



